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  • Réflexions sur le film L'adversaire Nicole Garcia
    • Pascale Acocella (no login)
      Posted Feb 25, 2005 4:16 PM

      J’ai trouvé la mise en scène du film originale avec les flashback qui l’entrecoupent.

      Au début du film, le spectateur s’identifie à la vie de M. Faure qui paraît ordinaire et banale en surface. Le protagoniste pourrait presque passer pour “M. tout le monde”. Mais à mesure que l’histoire se déroule, on se rend vite compte que quelque chose ne tourne pas rond chez lui. Sous un extérieur sympathique, Jean-Marc Faure cache bien son jeu face à son entourage mais aussi face à lui-même. “L’adversaire”, c’est bien lui parce qu’il y a deux personnes qui se cachent derrière ce masque. A l’entête du film, il y avait une citation du genre: Il y a pire que d’être démasqué, c’est de ne pas être démasqué. En fait, la vérité au grand jour est choquante mais la vérité masquée depuis longtemps qui, d’un jour à l’autre est brutalement démasquée, l’est encore plus de par sa nature insidieuse - qui crée un sentiment d’incrédulité totale et qui dépasse le pouvoir de raison. C’est l’inimaginable devenu soudainement imaginable.

      Le non-lieu ici apparaît plutôt comme étant la vie même de Jean-Marc Faure qui se réduit à meubler le temps avec des chambres d’hôtel, des autoroutes, des aéroports, des endroits imaginés (Oslo), le siège de l’OMS, des restaurants mais aussi avec des endroits familiers comme sa maison, la maison de ses parents, celle de ses beaux-parents, la maison de sa maîtresse, l’école de ses enfants.

      Le drame au-delà du fait que ce soit une histoire vraie, c’est que l’histoire a un côté universel. Le tragique de cette histoire est que le protagoniste pourrait être n’importe qui. Par là, je veux dire que cela pourrait être notre voisin, celui qui ne dérange personne, le père de famille, celui qui a une vie en apparence irréprochable, celui que l’on ne soupçonnerait jamais. Et un beau jour, la vérité éclate par un fait divers que personne ne peut admettre tellement c’est insensé. Il y a des gens qui trompent tellement bien leur monde qu’ils en arrivent à se tromper eux-mêmes tel est le cas de Jean-Marc Faure. Pour reprendre une citation de Marc Levy: “Le pire mensonge est de se mentir à soi-même”. Mais il semblerait que dans le cas de Jean-Marc Faure, le mensonge relève plus d’une pathologie et plus exactement d'une mythomanie. En effet, on a l’impression qu’il ne réalise même pas l’ampleur de ces gestes plus spécialement quand il a voulu étrangler sa maîtresse. Une fois revenus à eux, il lui a même dit que c’était elle qui avait commencé à l’attaquer et elle lui lance un regard perplexe dans la voiture.
      Mais au-delà de la maladie mentale, on peut s’interroger sur le pourquoi. Pourquoi mentir? Pourquoi ne pas pouvoir être soi-même et vivre sa vie? Dans “autopsie d’un mensonge” , il est écrit qu’à partir de la date où “le vrai Jean-Marc Faure” a échappé à la mort, il s’est dit “condamné à vivre”. Sans doute que pour Jean-Claude Romand, le mensonge n’était qu’une forme d’irréel, de “paradis perdu”.
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