Quand j’ai lu le premier chapitre de « Service Clientèle », j’ai eu plein de sympathie pour le protagoniste. J’ai eu une expérience similaire quand j’ai fait mon stage en France avec France Télécom. Je suis allée dans une agence de France Télécom pour ouvrir un compte et activer une ligne fixe. J’ai payé les frais d’activation, et pendant 2 mois, tout était bien arrangé. Mais à la fin du troisième mois, l’entreprise de France Télécom a coupé ma ligne. J’ai passé une semaine à régler la problème. Comme ils ont coupé la ligne un dimanche, je ne pouvais rien faire(comme en France, tout est fermé le dimanche sauf le marché). En fait, finalement j’ai essayé de payer la facture dans la même agence où j’avais ouvert mon compte ; mais ils n’acceptaient pas les paiements de facture dans les agences. « Il faut appeler le 10-14 depuis une ligne fixe pour être connecté avec un représentant du service clientèle ».
J’ai essayé sans résultat, comme le protagoniste du roman, de trouver quelqu’un qui pouvait m’aider. Finalement, je me suis perdue dans le « labyrinthe » au téléphone, où je n’ai pas réussi à payer la facture (comme j’avais pas activé mon compte sur l’internet, je n’avais pas le code d’accès pour payer par téléphone) et j’ai fait semblant d’être une employée qui téléphonait depuis une agence de France Télécom. Finalement j’ai réussi à payer la facture, et ils ont réactivé la ligne. Par contre, je suis un peu hantée par le jingle de France Télécom, comme le protagoniste du roman est hanté par les affiches de Cogeca ;
« ENTREZ DANS UN MONDE ABSOLUMENT MODERNE »
Chaque fois que je l’entends à la radio française, tous les muscles de mes épaules se serrent et je me trouve toute tendue à cause de l’angoisse due à mes expériences avec le service clientèle.
Apres tout ça, il est évident que nous dépendons de la technologie. Il faut avoir une connexion d’Internet, une ligne fixe, et un téléphone portable. Mais cette dépendance sur la technologie est pleine d’ironie: On utilise les moyens électroniques pour communiquer avec le monde ; nos amis, nos familles, nos collègues ; mais ce sont ces même moyens qui nous coupent du monde. Pourquoi faire le voyage de Paris à Nice pour voir de la famille si on peut se mettre devant une web-cam et chatter avec eux ? On peut être branché avec tous nos gadgets technologiques, mais avec chaque branchement technologique, on devient moins connecté avec le reste du monde.
Sur le sujet de Dominique Delmare, je pense que l’ambiguïté de genre est fait exprès pour renforcer le thème de non personne. Le moins d’informations que nous avons sur un personnage dans un roman, ou un film, on trouve que c’est plus difficile à s’identifier avec eux. Dans « Service Clientèle » on ne connaît pas très bien le protagoniste, mais on peut s’identifier avec lui et ses expériences. Par contre c’est plus difficile de s’identifier au personnage de Dominique Delmare, parce que nous sommes programmées de la détester à cause de sa profession.