Quand j’ai commencé à lire « Autoroute » j’ai parcouru ce livre et j’ai aperçu que ce roman consistait de plusieurs chapitres brefs aux titres qui rassemblaient à un « travelog », suivi des pages d’annexes. Après avoir lu les premiers chapitres, j’ai prévu que ce serait à peu près pareil partout. On rencontre une variété de personnes, chacune avec son histoire et ses excentricités et puis on se met en route sans jamais savoir ce qu'ils sont devenus. L’idée de lire tout cela m’a fatigué. Tous ces détails, la plupart du temps n'établissent pas de rapport entre les personnages. C’est peut-être à cause de la nature transitoire des non-lieux qu’on trouve tellement d’indifférence. Par exemple, le narrateur et Verne ne sont même pas restés à l’aire jusqu’à l’arrivé des parents qui venaient chercher leurs enfants.
Il y a deux fois où on établit un rapport avec les personnages dans ce roman. Cela arrive avec Ishuo, le Japonais et aussi avec Dinara, la Russe. Ces deux fois c’est Verne qui établit le rapport avec eux et non pas le narrateur. Dans le cas de Ishuo, le narrateur écrit «… j’en ai un peu assez de ce Japonais qui parle avec lui photo, de l’intimité qu’ils ont trouvée tout de suite, eux deux qui font le même métier, le plus vieux que moi et le plus jeune que moi, et qui m’exclut de leur nouvelle relation. » Dans le cas de Dinara, c’est le narrateur qui la cherche dans le restaurant, ayant déjà fait sa connaissance autrefois, mais elle ne se souvient pas de lui. Encore une fois, c’est Verne qui établit un rapport avec elle.
A la fin, Verne part avec Dinara pour filmer jusqu'à St. Petersbourg. Après cela, il paraît qu’il a continué son chemin tout seul. On ne sait même pas ce qu'il est devenu. En somme, c’est un roman sans dénouement. Le fait que nous apprenons des détails sur plusieurs personnes sans savoir ce qu'elles deviennent me tracasse dans ce roman et en particulier dans le cas de Verne. Mais c’est vraiment comme dans la vie réelle. On rencontre toujours beaucoup de personnes sans savoir ce qu'elles deviennent, mais on ne fait pas attention, on est tellement occupé par sa propre vie. C’est curieux que cela est troublant dans un roman et non pas dans la vie.