Réflexions sur Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq
L’idée de Dieu, d’un Dieu apparaît à plusieurs reprises dans le roman et il semblerait que Dieu est le maître suprême, le Grand Architecte, quoique l’homme dise ou fasse. Raphaêl Tisserand meurt tragiquement dans un accident de voiture. Face à la détresse de l’homme et à sa souffrance causées par les aléas de la vie d’aujourd’hui, s’en remettre à Dieu semble être son seul salut. Ce n’est pas dit ouvertement mais c’est sous-entendu. Quand le narrateur rencontre Jean-Pierre Buvet son ami curé, ce dernier lui conseille de “retrouver Dieu, ou d’entamer une psychanalyse.”
Dans “dialogues d’une vache et d’une pouliche” (p9), la vache, c’est l’homme ou plus exactement la femme et l’éleveur : Dieu. J’aurais voulu savoir ce que représente la pouliche? (la femme qui n’a pas péché?)
Par le biais du narrateur, Michel Houellebecq nous offre une vue cynique de la vie. On a beau jouer selon la règle qu’on ne s’y trompe pas, il faudra entrer dans “le domaine de la lutte.” C’est-à- dire qu’il faudra se battre pour que cette vie sur terre ait un sens pour chacun d’entre nous quelle que soit notre “lutte”. Il n’y a pas d’idéalisme possible : “Vous avez longtemps cru à l’existence d’une autre rive; tel n’est plus le cas.” (p14)
La “lutte” de Tisserand est sa laideur physique et par le même biais sa frustration sexuelle. Même l’amour est sujet d’amertume quand le narrateur parle de son ex-femme Véronique. J’ai été surprise par le titre du roman Extension du domaine de la lutte. Le mot extension voudrait peut-être dire qu’il n’y a pas de fin à cette lutte puisque de toute façon au bout il y a la mort. Donc on doit lutter toute sa vie pour rien…
J’ai bien aimé la métaphore dans la citation de Tisserand : “J’ai l’impression d’être une cuisse de poulet sous cellophane dans un rayon de supermarché.” (p99) L’homme n’est pas un être à part entière (il n’est pas un poulet entier mais une cuisse de poulet), il n’est pas libre puisque la cuisse de poulet est sous cellophane, empaquetée, étouffée, et il mourra tel le poulet a été abattu, et il n’est qu’un paquet parmi tant d’autres dans le rayon de supermarché.
Re: M. Houellebecq, Extension du domaine de la lutte
February 6 2005, 11:48 PM
“Extension Du Domaine De La Lutte” est un roman plein de non-lieux. Le narrateur est un homme de trente ans, un analyste/programmeur qui est visiblement désenchanté avec la vie. Le bouquin entier montre ce désenchantement avec la perspective pessimiste de l’auteur. Surtout, Houellebecq souligne la disparité sexuelle entre les gens partout, et en faisant ça il dépeint une image très mélancolique de la vie. Cette perspective est évidente dans le titre du roman, que la vie est vraiment un
« domaine de la lutte », et c’est une idée qui est courante partout dans le livre.
L’idée du non-lieu est utilisée souvent dans ce roman, peut-être à cause du détachement périodique du narrateur. L’hôpital, son travail, le cinéma porno, même Rouen deviennent des non-lieux pour le narrateur. Il est tellement désenchanté par la vie et la solitude qu’il ne montre que sa tristesse. Cela est si grave pour lui qu'à la fin du roman il rend visite à une psychiatre.
La chose la plus grave que l’auteur remarque dans le livre est la disparité sexuelle dans la vie. Pour lui, ce n’était pas si lourd, mais pour son collègue Raphaël Tisserand, c’est assez pour considérer le meurtre d’une jeune fille et son copain. Finalement, la souffrance de Tisserand est finie quand il est mort dans un accident de voiture. Aussi à la fin du roman, le narrateur envisage de se castrer, avec des ciseaux. Tout ça fait allusion que l’auteur ne croit pas qu’il n’y a ni égalité ni une solution pour l'inégalité sexuelle des êtres humains.
Pour moi c’était un roman très noir et pessimiste, mais ce n’était pas tout mal. Houellebecq utilise des mots spécifiques et parfois bruts pour bien montrer ses points. Il utilise aussi vachement bien les petites citations au début des chapitres pour souligner une idée générale du chapitre. Ces citations ne sont pas seulement des sujets, mais elles sont aussi choisies habilement, je trouve. Mais ce roman esquive la question : qu’est ce qui s'est passé dans la vie de Houellebecq pour lui donner une perspective si pessimiste de la vie, et plus spécifique, dans le domaine sexuel?
This message has been edited by adurand on Feb 7, 2005 7:22 AM
Maintenant je peux apprécier les commentaires de Prof Durand la semaine dernière – ce livre est tellement différent. Je dois admettre que ce roman était plus difficile à lire à cause de son ton sombre et noir. Je suis tout à fait d’accord avec les idées de Patrick… Houellebecq est un vrai pessimiste. L’ambiance partout dans ce livre suggère la solitude de l’homme dans la vie. Pourtant, Houellebecq utilise des descriptions fascinantes dans le livre. Quelques fois j’ai éclaté de rire : par exemple, à la page 28 la description de Catherine est pleine d’humour. « En plus des dents gâtées elle a des cheveux ternes, des petits yeux qui brillent de rage ». Son choix de langue est intéressant !
This message has been edited by adurand on Feb 7, 2005 10:53 PM
Moi aussi, je suis d’accord avec Patrick et Ide- ce livre de Michel Houellebecq est très pessimiste et sinistre. Pourtant, il y a de bons exemples de
« non-lieux » dans le livre, par exemple : la voiture, les distributeurs automatiques, son travail, les boites de nuits, Rouen, etc. J’ai une question à poser: dans le septième chapitre « Catherine, Petite Catherine » je ne comprends pas pourquoi Houllebecq a mis les paroles d’une chanson de Neil Young. Je ne trouve pas que ses paroles s’accordent avec le contenu du chapitre, et pourquoi sont-elles en anglais ?
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 7:03 PM
J'ai noté aussi que ce livre est quelque chose de différent avec la langue et le message (Je suis d'accord avec les autres, c'est vraiment pessimiste). Mais bien sûr, il y a un usage important des non-lieux dans ce livre comme dans l'autre roman (beaucoup des mêmes non-lieux sont mentionnés dans les deux romans que nous avons lus). Houellebecq montre ce que le protagoniste pense de la société avec les non-lieux. Un non-lieu mentionné est l'hôtel. Le protagoniste a passé un long moment dans ce non-lieu. Ce non-lieu est l'un des nombreux exemples qui montrent l'individualité de l'homme. Il y avait quelque fois dans Extension où le protagoniste voulait rester seul; il a refusé de dîner avec Tisserand et les autres (et il est resté dans l'hôtel), il est allé au cinéma porno, même au début du livre quand il a assisté à la soirée, il a passé la plupart de la nuit assis dans un coin. Peut-être que la raison pour laquelle le protagoniste aime être seul est liée au fait qu'il n'aime pas la direction dans laquelle la société bouge. Il est clair qu'il n'aime pas son travail, qu'il pense que tout ce qu'il fait pour son travail est bête. À la page 83, il a dit que "l'informatique me fait vomir." Il est évident qu'on étudie un protagoniste qui est individualiste, pessimiste, et qui "n'aime pas ce monde (pg. 82). Peut-être c'est pourquoi nous le trouvons toujours dans les non-lieux, des lieux qui n'ont pas une identité avec ce monde.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 2:57 PM
Re: M. Houellebecq, Extension du domaine de la lutte
February 10 2005, 11:20 PM
Après avoir vu le film “Extension du Domaine de la Lutte” je me sens un peu différent en ce qui concerne le livre. J’étais capable de comprendre beaucoup plus de l’humour noir vu dans le film. Pour la plupart le film et le roman étaient très similaires, mais j’ai remarqué quelques grosses différences. Premièrement, la chose plus évidente que j’ai notée était les deux fins différentes. Le livre est un peu statique, c'est-à-dire qu'il y a toujours ces idées de pessimismes et d’inégalités. La fin du film est plus comme un film américain, il y a une notion d’espoir, une possibilité que la vie qui va suivre sera mieux pour « notre héros ». Une autre chose que je trouve intéressante est la manière de laquelle le film est raconté. Il y a deux narrateurs différents, « notre héros » et un autre narrateur omniscient. Je pense que cet effet est unique à ce film, et très intéressant. Si on peut voir les pensées de l’auteur, pourquoi est-ce qu’il y a une raison d'avoir un autre narrateur ? Finalement, je voudrais ajouter quelque chose au commentaire de Kelly. Je pense que la citation de Neil Young au début de septième chapitre est très habilement choisie. L’humeur trouvée dans la contradiction des paroles est très proche à l’humeur de « notre héros » dans le roman et dans le film. Aussi je trouve la période dépressive dans la vie de Neil Young à cette période incroyablement proche de la vie du sujet de ce roman. Donc, je pense que ces paroles sont bien choisies, mais c’est peut-être parce que j’aime bien Neil Young aussi.
This message has been edited by adurand on Feb 11, 2005 11:49 AM
Au début du roman, l'auteur parle directment au lecteur en disant, par exemple, "Vous aussi, vous vous êtes intéressé au monde." et "Il se peut, sympathétique ami lecteur, que vous soyez vous-même une femme. Ne vous en faites pas..." J'ai aimé immédiatement le style de son écriture. Après avoir lu quelques pages, il devenait évident que ce serait une histoire déprimante. Le narrateur menait une vie triste et isolée . J'ai trouvé très révélatrice sa déclaration que, chez les femmes il a toujours senti qu'il "ne représentait guère pour elles, qu'un pis-aller" et je me suis aussi demandée pourquoi il avait une attitude si négative. A mon avis, peut-être que le petit garçon à l'âge de sept ans décrit au début du roman c'était lui. Son père l'avait abandonné et sa mère ne lui donnait pas assez d'attention. Il souffre d'un manque d'affection. Quels que soient les détails, il suffit de dire qu'il a été blessé pendant sa vie. Cela pourrait expliquer ses perceptions tordues et ses difficultés avec les femmes.
Tout le long du roman, il se préoccupe de la détresse des personnes laides qui ont encore moins de succès que lui sur le plan sexuel, et il se console de ne pas être aussi désespéré qu'eux. Il parait que tous ses rapports avec des femmes sont superficiels, sauf celui avec Véronique. Nous savons que c'était mal fini, mais nous ne savons pas exactement pourquoi. On voit bien que cette rupture l'a beaucoup affecté. La profondeur de son affliction se révèle petit à petit jusqu'au moment où il a l'idée de commettre un acte masochiste.
Du point de vue des "non-lieux", la plupart du temps l'action se déroule dans des endroits comme des boîtes de nuit, restaurants, hôtels, bureaux en déplacement, et maisons de repos. En plus, ce roman touche à quelques thèmes discutés par Augé: la surabondance événementielle, la mondalisation et la solitude.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 9:51 AM
Extension Du Domaine de la Lutte est en effet très diffèrent de l'autre roman que nous avons déjà lu. Au début je ne comprends pas du tout lorsqu’il dit
« Vous avez eu une vie Il y a eu des moments ou vous aviez une vie. Certes, vous ne vous en souvenez plus très bien; mais de photographies l'attestent. Ceci se passait probablement a l'époque de votre adolescence, ou un peu après........." Du coup j'ai su que ce passage était pour les lecteurs, mais par qui? Il sembla que c’était dieu le narrateur.
En effet, il y a beaucoup d'idées et d'exemples de non-lieux dans le roman, mais ce que je trouve le plus important dans le roman, sont les idées et la philosophie de ce programmeur de trente ans qui ne fait qu'analyser les gens autour de lui, tels que ses collègues, les travailleurs au ministère de l'agriculture par exemple. Une autre chose que je trouve intéressante est la manière dont il juge les gens et même essaye de deviner leur vie privée parfois. De mon point de vue personnel je crois qu’il est très angoissé ou peut être en dépression.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 6:59 PM
Comme les autres étudiants dans cette classe je dois agréer avec l’idée que ce livre est plein d'endroits qui sont des “non-lieux”. Néanmoins, les descriptions des personnages me semblent plus intéressantes. Comme Mansour a dit, notre protagoniste est tellement obsédé avec les gens autour de lui. Il cherche toujours à analyser leurs vies.
De plus, il me semble qu’il croit que sa propre vie est la meilleure. D’un coté, je crois que ces descriptions des autres personnages ont une ambiance de pitié. Par exemple, à l’égard de son « ami » Raphaël, il n’est pas très sympa !
« Tellement laid que son aspect rebute les femmes, et qu’il ne réussit pas à coucher avec elles ». Pourtant, il y a aussi l’idée de pitié dans sa propre vie. Il exprime l’opinion que sa vie est nulle. Son humeur est vachement désespérée
« Fumer des cigarettes, c’est devenu la seule part de véritable liberté dans mon existence ».
Encore une fois, je dois répéter le ton sombre de ce livre. C’est tellement difficile à lire avec une attitude positive. Après avoir lu ce roman j'ai resenti que l’idée d’un avenir plein d’espoir et de bonheur est impossible. Est-ce quelqu’un a eu les mêmes sentiments ? Peut-être c’est simplement le cas que je suis une lavette !
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 11:15 PM
« Extension du Domaine de la Lutte» le titre est très important
February 8 2005, 7:29 PM
Je pense que nous devons beaucoup faire attention au titre de ce roman. Je ne sais pas comment Michel Houellebecq l’a choisi, mais en analysant quelques passages, on trouve l’idée du mot Extension, en prenant l’exemple de la vie de Raphael Tisserand qui ne cherche qu’à draguer mais n’aboutit jamais à quelque chose peut-être à cause de sa laideur. On voit qu’il continue à se battre quand même (Extension du Domaine de la Lutte). Pendant que le narrateur lui-même ne fait qu'analyser les gens avec sa philosophie comme je l’avais dit tout à l’heure. Pour la lutte sexuelle de Raphael il mentionne : « En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables; d'autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante; d'autres sont réduits à la masturbation et la solitude. » Certes, ce passage n’est pas très encouragent vis-à-vis de la situation de Raphael.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 8:36 PM
En toute façon le narrateur est isolé. Il est isolé par son attitude; ceci est reflété par ses interactions interpersonnelles, ou le manque de celles-ci. Il exprime ses pensées (égoïstement) et il n'offre pas beaucoup de dialogue. Quand il offre du dialogue, il fait un sommaire dans sa propre voix, qui est évidemment subjective (et le lecteur reçoit le sommaire dans un ton cynique lorsque ses rencontres ne lui plaisent pas). A la p. 44 il y a un bon exemple où il est avec le chef du service, puis Louis London; les deux parlent. Le narrateur ne laisse pas le dialogue dans la forme naturelle pour qu'on puisse déduire nos propres idées, il ajoute de plus en plus de ses pensées à propos de l'interaction entre le chef et Louis. On est encore forcé d'apercevoir le dialogue, les autres personnages et l'environnement parmi sa perception. Cette idée soutient qu'il est égoïste et qu'il est déjà isolé de la communauté informatique dans laquelle il travaille (et qu'on apprend plus tard qu'il n'aime pas - naturellement comme cynique!)
This message has been edited by adurand on Feb 11, 2005 11:57 AM
C'était vraiment différent du livre de Toussaint. Comme Patrick Sharkey a écrit, j'ai trouvé la perspective du roman déprimante et noire. Je me demande s'il y aura cette même perspective dans les autres bouquins - j'espère que non. En même temps, j'aimais la façon dans laquelle M. Houellebecq a choisi les mots pour ses descriptions.
Houellebecq emploie quelques exemples des non-lieux. Le narrateur ne décrit que plusieurs environs avec l'enthousiame. D'habitude il est au bureau, dans le train, ou à l'hôtel. Ces lieux semblent manquer d'une qualité humaine. Même son appartement ne semble pas être important au narrateur. Le seul endroit où j'ai remarqué une description de plaisir ou de la beauté était à la fin dans la forêt.
Aussi, le narrateur a passé beaucoup de temps dans les restaurants, cafés ou boites de nuits. Il était entouré par les masses mais isolé en même temps. Il me semble qui'il manquait de liens affectifs, même avec ses "amis". J'avais l'impression qu'il ne pouvait pas les construire ou les garder.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 7:01 PM
La présence des non-lieux dans ce roman est plus évidente ainsi que plus fréquente. Le supermarché, les boîtes, les restaurants, etc, créent un effet isolant dans la vie du narrateur. Sa description de Rouen et les gens qui marchaient sur le trottoir est une partie qui crée cet effet directement :
« J’observe enfin que je me sens différent d’eux, sans pour autant pouvoir préciser la nature de cette différence ». Donc, nous ne savons pas s’il ne comprend pas lui-même ou s’il manque d’une compréhension générale de l’humanité ou tous les deux. Comme quelqu’un qui connait l’informatique, il observe que la plupart de notre communication, ce n’est pas personne à personne mais personne à machine. Aussi, dans sa description de Rouen elle-même, nous voyons la mort de l’histoire et l’apparition d’une société des non-lieux: « C’est là qu’on a brûlé Jeanne d’Arc » et c’était une ville belle mais maintenant c’est « la présence permanente des voitures, le bruit, la pollution » qui la décrit.
J’ai remarqué la référence intertextuelle de Robespierre et comment il sert comme une icône au narrateur mais je ne connais pas les idées fondamentales de sa théorie. Est-ce qu’il y a un expert dans la classe sur ce sujet qui peut mentionner sa philosophie?
Généralement, j’ai trouvé que la matière de ce livre explore le côté sombre de l’existence humaine. C’est très subjectif et plus fourni sur tous les aspects négatifs de cette existence. Le réalisme, je pense qu’il est plus un mélange objectif des aspects positifs et négatifs. Ce livre peut-être a plus de rapports avec le naturalisme et presque rien avec le romantisme.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 11:40 PM This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 8:51 PM
Maximilien de Robespierre (1758-1794), homme politique français. De petite noblesse, orphelin, il est d'abord avocat à Arras. Député aux Etats généraux, orateur influent puis principal animateur du club des Jacobins, surnommé "L'incorruptible", il s'oppose fermement à la guerre. Membre de la Commune après l'insurrection du 10 août 1792, puis député à la Convention, il devient le chef des Montagnards. Hostile aux Girondins, il provoque leur chute (mai-juin 1793). Entré au comité de salut public (juillet), il est l'âme de la dictature, affirmant que le ressort de la démocratie est à la fois terreur et vertu; il élimine les hébertistes (mars 1794) et les indulgents menés par Danton (avril) puis inaugure la Grande Terreur (juin). Enfin, il impose le culte de l'Etre suprême (8 juin). Mais une coalition allant des membres du Comité de salut public aux conventionnels modérés décide le 9 thermidor an II (27 juillet) de mettre fin aux excès de Robespierre, qui est guillotiné le 10 thermidor avec ses amis Saint-Just et Couthon.
Ce roman était plus ou moins une démonstration des luttes qui sont créées par les institutions et les règles de la société. Michel Houellebecq a présenté l’idée de deux systèmes de différenciation dans la société. "Tout comme le libéralisme économique sans frein, et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue." Avec le libéralisme sexuel, il y aura des gens qui peuvent faire l’amour chaque nuit avec un partenaire beau, mais en même temps il y aura des gens qui ne feront jamais l’amour. Il était plus facile à trouver un partenaire avec qui on peut être heureux quand on a manqué le libéralisme, parce que chaque personne a reçu une personne et il n’était pas possible d'obtenir une profusion de sexe. Le libéralisme dans le système économique est aussi une extension du domaine de la lutte, parce qu’on doit se battre (travailler) toujours pour avoir de l’argent pour vivre.
Donc, la société a créé deux systèmes qui marchent comme des hiérarchies sociales et détruisent les vies de quelques gens. Les systèmes sont toujours présents dans la vie, comme quand il est nécessaire d'acheter un lit à deux places. Je crois que Houellebecq a vraiment démontré que les gens, comme Tisserand et le narrateur, sont coincés par les systèmes de la société. Il n’est pas naturel d’être toujours déprimé, mais c’est difficile à éviter après la jeunesse si on n’est pas riche et beau.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 10:35 PM
Je suis d’accord avec la plupart de réponses que j’ai lues. Ce roman est vraiment différent de celui de Toussaint même s’il emploie des idées de
« non-lieux ». C’est vraiment sombre et sinistre.
On peut voir plein d’exemples de non-lieux. Il y a les cafés, les bars, les restaurants, les boites de nuit, les salles d’attente, les hôtels, etc. Mais on peut dire aussi que le narrateur est dans un état de non-lieux parce qu’il est en dépression et avec ses cauchemars. Par son biais on voit son impression de la vie et sa lutte pour le libéralisme économique, sexuel, et individuel.
Je trouve les mots et les descriptions que l’auteur emploie intéressants. Il utilise quelques paroles qui étaient étonnantes, comme celles de Neil Young. Aussi, le fait que Houellebecq fait une référence avec la philosophe Blaise Pascal, comme Toussaint est intéressant. C’est étonnant que deux auteurs qui ont écrit des œuvres si différentes utilisent la même personne pour l’inspiration.
This message has been edited by adurand on Feb 8, 2005 11:24 PM
J'entends beaucoup de gens disent que ce livre est dur dans son pessimisme, mais je trouve sa narration sardonique très amusante. Ce que j'adore dans ce livre c'est sa sensualité et son angoisse. Il décrit les gens, même ceux qu'il n'aime pas avec une sensualité onctueuse-- pour moi ça révèle sa solitude. Il décrit chaque interaction avec d'autres gens avec des détails profonds. Quand son chef vient pour s'excuser pour son absence le narrateur semble sentir chaque respiration de l'autre homme, "C'est un moment très tendre; il est penché vers moi et vers moi seul" (p.37). Ce n'est pas quelqu'un qui est résigné de sa solitude, c'est quelqu'un qui désire la camaraderie.
Sur l'idée des non-lieux je pense que le narrateur transforme les non-lieux en lieux avec ses descriptions. Oui, d'une façon ils restent les non-lieux parce qu'il n'y a pas d'associations heureuses ou d'espoir, mais chacun de ces lieux se reflète sur sa vie. Dans l'hôtel, les cafés, la place du Vieux Marché il fait attention aux autres gens et leurs interactions. Sa connection avec ces lieux c'est qu'ils sont encore d'autres endroits où il était seul, où il était séparé des autres.
De cette façon on peut parler de non-gens. Moi je crois que les autre personnages sont indispensables au narrateur parce qu'ils sont tout ce qu'il a, mais on peut les considerer des non-gens parce que le narrateur n'a pas de relation volontaire avec eux. Ses collègues et les autres sont des gens qu'il voit à cause de son travail, il dit qu'il passe les week-ends tout seul et il habite tout seul. Alors on peut dire que sa vie est pleine de non-gens.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 10:47 AM
« Extension du Domaine de la Lutte » est un roman très complexe. J'ai remarqué, comme Mansour, que l'idée d'extension est très importante. Le narrateur semble déprimé et désespéré. Parfois, le lecteur a pitié de ce personnage. Mais quand le narrateur est tombé malade à Rouen, il donne l'impression qu'il ne veut pas mourir. Il dit que crever comme ça serait une injustice. Sa mort à Rouen serait une interruption absurde de l'expérience de la vie (p. 74). Alors, le narrateur est malheureux et pessimiste mais il veut, tout de même, continuer sa vie. Il veut une extension pour cette vie pitoyable. Cela me rend un peu perplexe. Est-ce que quelqu'un peut expliquer pourquoi il veut prolonger sa vie ?
Toute ça est un peu déprimant. Mais il y a aussi des aspects amusants dans ce livre. En particulier, j'ai trouvé la forme de narration amusante. J'ai aimé comment le narrateur s'adresse au lecteur directement au début du livre (pp. 12-14). C'est comme une bienvenue dans le livre. C'est un passage assez drôle aussi, j'ai trouvé.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 1:26 PM This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 1:24 PM
Quand j'ai lu le livre, j'ai rémarqué que les personnages autour du protagoniste sont interchangables. Le protagoniste ne fait pas de connection personnelle ou intime avec des autres, et en fait, tout le monde est seul. Le protagoniste est tout seul, Tisserand est seul, Bernard est seul, Jean-Pierre Buvet est seul, Catherine est seule...etc. Chaque personne a une qualité pitoyable - ils sont frustrés, en colères, tristes, confus, mélancoliques. Et ils luttent contre ces conditions malheureuses pour garder l'envie de vivre et de continuer d'espérer que la vie va s'améliorer. Mais, ils sont tous trop occupés dans leurs propres luttes qu'ils sont incapables d'aider les autres. Alors, les autres deviennent insignifiants et puis interchangables. Parce que personne ne prend le temps de cultiver un rapport personnel avec les autres, il n'y a pas de liens qui rapprochent les personnes et comme ça il n'y a pas d'émotions. Angela a présenté l'idée de "non gens", et je suis d'accord avec elle. Cette idée m'a frappée aussi.
Une autre chose qui m'a frappée dans ce livre c'est l'aspect du réalisme. Il y a des millions de personnes qui passent leurs vies seules dans un monde plein d'autres personnes. C'est triste, mais malheureusement c'est vrai. C'est trise que, dans ce monde de plus de 5 milliards de personnes, il y en a quand même autant qui n'ont pas d'amis. Il est extrèmement difficile de passer la vie seul; c'est vraiment une lutte amère. J'ai envie de faire quelque chose pour ces pauvres personnes, comme peut-être, distribuer des chiots pour qu'ils puissent connaitre l'amour inconditionnel. Il faut les faire rire aussi. :-)
This message has been edited by adurand on Feb 16, 2005 7:49 AM
Question à Prof. Durand: Je n'ai pas lu la réponse de J-P Toussaint jusqu'à aujourd'hui quand j'ai regardé les correction de grammaire que vous avez faites sur mon dernier écrit. Je sais que la discussion est fermée à compter de mercredi dernier, mais est-ce qu'il est possible de demander une autre question à J-P Toussaint parce que je pense qu'il a mal compris mon idée que l'histoire peut être lue comme une fantaisie (pas une fiction) ?
MESSAGE POUR LE FORUM
Depuis toujours, je me comme une optimiste, alors j'ai assez de difficulté à lire le roman Extension du Domaine de la Lutte. Je trouve que c'est un livre noir et pessimiste, en fait c'était le type d'écrit que je n'aime pas lire, mais en même temps, je peux avoir de l'admiration pour le style d'écriture. Pendant que je lisais le roman, j'étais confuse par l'organisation des relations et des événements - la camaraderie entre Tisserand et sa mort tragique en voiture, l'incident avec le couteau et les pensées d'homme. A la fin du livre j'avais l'impression que j'étais prise dans le voyage de la progression d'une personne qui souffre de la crise de la cinquantaine. Lui-même a dit dans le texte quelque chose en lien avec mes pensées « J'ai l'impression qu'il me considère comme un symbole pertinent de cet épuisement vital. Pas de sexualité, pas d'ambition; pas vraiment de distraction, non plus (32). »
D'une façon ou d'une autre, chaque personne trouve qu'il est dans un non-lieu qu'il avait aidé à construire. Il pense que personne ne l'aime, que s'il n'était pas là à ce moment il ne manquerait à personne, que ses désirs ne peuvent pas être satisfaits. C'est une période qu'on entend beaucoup dans les actes comiques, on les lit dans les livres, les bandes dessinées, mais on lit ou voit seulement le côté drôle - les épisodes de panique, les changements extrêmes ou les idées folles. Dans ce livre on voit le côté noir. Le trou dans lequel il est tombé n'était pas rigolo, pas du tout. Je crois que le livre suit le chemin pour sortir de la mentalité foncée, il nous donne la conviction que nous pouvons nous trouver nous-mêmes, mais nous avons besoin de visiter des lieux obscurs de notre personnalité avant de pouvoir partir en vélo, contents. Enfin je trouve que l'idée que ce sont des non-lieux que nous construisons est intéressante, profonde et qui fait réfléchir.
Est-ce que les autres ont la même impression, la même relation entre les non-lieux et le livre ?
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 1:49 PM This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 1:35 PM
La discussion pour tous les romans et les films ce semestre peut continuer sans interruption jusqu'au mois de mai et même après. N'hésitez pas donc à poser des questions à J-P Toussaint mais il vaut mieux le faire dans la section du forum consacrée à La Salle de bain.
Je pense que les non-lieux proviennent de la découverte de soi. Nous questionnons le non-lieu ou l'endroit où nous sommes situés et respectivement on doit questionner la raison pour laquelle on est là. On doit fouiller souvent à l'intérieur de nous-memes pour arriver aux réponses; je dirais que les non-lieux sont parfaits pour cet espace de découverte parce qu'il n'y a pas de liens ou de mémoires substantiels avec ces non-lieux. Nous sommes libres de nous défier à n'importe quel niveau sans connection avec le lieu. Souvent, comme j'ai mentionné en haut, on se demande pourquoi nous sommes situés où nous sommes, pourtant on se demande quelle est notre rôle ici, ou qu'est-ce que je peux apprendre ou observer ici. Toutes ces questions, je pense, sont reliées à ce que vous avez proposé comme nos impresssions de votre commentaire. Mais dites-moi si je vous ai compris correctement?
This message has been edited by adurand on Feb 11, 2005 11:54 AM
Vous êtés sur le même fil des pensées. Je trouve aussi que les non-lieux nous évoquent le sens d’être tout seul, avec seulement vous-même pour le confort et le support. J’ai eu une expérience en Suisse l’été dernier qui avait cet effet sur moi. J’ai voyagé toute seule partout en Suisse pour une semaine, moi et mon sac à dos et un flexi-pass pour les trains SNCF. J’ai passé les nuits dans les auberges, dans une chambre avec quatre ou six autres femmes que je ne connaissais pas du tout et j’ai voyagé en train d’une ville à l'autre. Pour la nourriture j’ai acheté les choses au grand supermarché de Suisse, COOP, la même chose dans chaque lieu. Pour la semaine je n’ai pas parlé beaucoup parce que j’étais dans les cantons germanophones, donc j’avais seulement moi-même pour la sécurité et la tranquillité d’esprit. C’était vraiment une expérience de la découverte de soi pour moi. Une expérience évoquée par les non-lieux dans lesquels j’ai passé mon temps, les auberges, les trains, les gares et les COOPs.
This message has been edited by adurand on Feb 16, 2005 7:52 AM
philosophique, à mon avis. J'ai eu la même impression que la psychiatre vers la fin du livre « vous êtes trop dans l'abstrait. » p. 147.
Heureusement pour moi, c'est plus facile de parler d?un livre que je n'aime pas !
Comme lecteurs, nous apprenons les événements du roman depuis les pensées du protagoniste. L'histoire du roman se déroule dans beaucoup d'endroits qui représentent bien l'idée d'un non lieu : les bars, les discothèques, les gares, et les endroits de travail (les entreprises). Ce sont des endroits sans identité (personnelle), sans signification historique, et avec un manque de liens culturels. Surtout, dans le roman, ce manque d'identification est renforcé dans les missions du travail du protagoniste.
Je trouve que c'est un peu ironique que le protagoniste travaille dans l'informatique. Son boulot est d'informer les gens au sujet des logiciels pour faire une connexion entre les gens (ou les entreprises), mais le protagoniste lui-même est complètement détaché du monde.
Aussi, les événements du roman existent dans la tête du narrateur. Donc, même s'il y a plusieurs scènes dans le livre qui se passent dans les endroits, (bien sûr nous pouvons les appeler les non-lieux), c'est aussi possible que le protagoniste lui-même représente un « non-lieu ». Les lecteurs ne connaissent pas son nom, son passé, sa famille ; en gros, on ne connaît rien de lui que nous pouvons utiliser pour le « placer » dans un contexte personnel, historique ou culturel.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 1:40 PM This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 1:38 PM
J'apporte la petite nuance de l'avocat du diable: en ce qui concerne le passé du narrateur, il est vrai que nous ne savons pas grand chose, mais il y a quand même ses références à une certaine Véronique...
Il me semble que la première partie de mon message a été coupée;
Pour commencer, je veux dire que je n’ai pas trop aimé ce livre, c’était trop philosophique, à mon avis. J’ai eu la même impression du psychiatre vers la fin du livre « … vous êtes trop dans l’abstrait. » p. 147.
Re: M. Houellebecq, Extension du domaine de la lutte
February 9 2005, 2:24 PM
Le narrateur est un personnage très unique. Il a des traits de l'existentialisme. Il vit sa vie sans beaucoup d’émotions. Je ne pense pas qu’il y avait un moment dans le texte quand il avait des émotions ! Il est un personnage qui aime être seul, tout le temps. Ce n’est pas triste parce qu’il choisit ce mode de vie. Il n’a pas beaucoup d’amis, mais c’est bon pour lui. C’est ironique qu’il avait (d’après lui) beaucoup de charme. Les autres gens l'aiment. Il a dit, « Généralement, le week-end, je ne vois pas personne. Je reste chez moi » (p.31). Vraiment, il ne voulait pas voir les gens !
Une autre chose que je trouve intéressante à propos du narrateur est sa description précise des autre gens. Il ne donnait pas les petits détails. Il faisait une image très vivide ! Par exemple, il a décrit un homme qu’il ne connaissait pas vraiment. « Je regrette de mécontenter cet homme. Il est très beau. Un visage à la fois sensuel et viril, des cheveux gris coupés court. Chemise blanche d’un tissu impeccable, très fin, laissant transparaître des pectoraux puissants et bronzés… » Il vit sa vie comme un observateur. Je pense que les amitiés ont plus de travail pour le narrateur. Il ne veut pas le travail. Il est content avec lui-même ! Je ne m’identifie pas avec le narrateur parce que je suis complètement l'opposée. Je dois avoir des amis et d'autres gens dans ma vie.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 2:54 PM
La fin du roman est comme une ironie de la vie du narrateur. Il passait presque la plupart de son temps à analyser les autres gens avec qui il travaille-faisant commme une sorte d'analyse psychique, et à la fin du roman il doit aller voir un psychanalyste lui-même. Au début du roman le narrateur dit << Mon propos n'est pas de vous enchanter par de subtiles notations psychologistes>> (page 16) mais à mon avis je crois que c'est ce qu'il a fait dans la plupart du roman. Dès le commencement il est préoccupé par le psychique, Dieu et la sexualité. Il est un homme solitaire, un peu amer et déprimé: on peut voir cela à la page 31
<< Généralement, le weekend, je ne vois personne. Je reste chez moi, je fais un peu de rangement; je déprime gentiment >>. Je crois que sa solitude, son impuissance de ne pas avoir connu d'autres femmes après Veronique et peut être des doutes qu'il avait sur sa vraie sexualité faisaient qu'il vit dans le domaine de la lutte.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 3:02 PM This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 3:01 PM
Je suis d'accord avec vous Leonardo quand vous suggérez l'ironie de la vie comme un thème du roman. Je pense que le narrateur dépasse la plupart du temps en analysant les autres, mais parmi cette analyse, il rend à sa propre analyse - celle qui lui apporte une verité: sa vie est isolée, et donc très misérable. Comme un cercle vicieux, cette misère est reflétée dans ses impressions et perceptions du monde (les personnages et les environnements) qui l'entoure. Ceci reverbère à sa propre analyse, lui rend la même vérité et ça continue.
This message has been edited by adurand on Feb 11, 2005 11:44 AM
Après avoir lu ce livre, j'ai eu un peu honte d'être un homme. Dans ce livre, les femmes sont présentées comme des objets. N'importe lesquels des personnages principaux qui regardaient une fille, ils avaient quelque chose de sexuel à dire. Je comprends que les personnages principaux aient des problèmes avec les filles, mais ça n'explique pas pourquoi ils doivent les "dégrader".
Au niveau des « non-lieux » je pense que ce livre les démontre bien. Quand je pense à un « Non-lieu », j’essaie de prendre l’histoire et de changer l'endroit pour voir si ça change l’histoire. Si ça ne change rien, c'est un « non-Lieu ». Dans ce livre on peut faire ça. Il n’y avait pas de grande interaction avec les lieux dans le livre. C’était plutôt les interactions des gens et des pensées.
This message has been edited by adurand on Feb 9, 2005 4:38 PM
Un monde ou l’homme vie dans le domaine de la règle. Le narrateur dit « Je le savais déjà à sept ans. La texture du monde est douloureuse, inadéquate ; elle ne me parait pas modifiable.» Dans ce roman, le protagoniste cherche à se libérer d’un monde ou existe un système de valeurs en vigueur, qui met l'importance sur la situation économique et sexuelle. Raphaël Tisserand est victime de ce système, pg. 54 « le fondement de sa personnalité, en fait – c’est qu’il est très laid. Tellement laid que son aspect rebute les femmes, et qu’il ne réussit pas à coucher avec elles. » Tisserand est un homme piégé dans ce monde. Il est ignorant, incapable d’avoir une femme à cause de son apparence physique, il continue à draguer les filles lourdement. La seule chose qui peut sauver les hommes est d’entrer dans la solitude.
This message has been edited by adurand on Feb 11, 2005 12:01 PM
A l’égard du film j’ai remarqué plusieurs choses.
Tout d’abord, à mon avis la musique dans ce film était très bien choisie. La bande sonore a créé une ambiance parfaite dans chaque scène.
De plus, pendant le film je me suis demandée la raison pourquoi Houellebecq a décidé d’utiliser le terme « notre héros » pour le protagoniste. J’ai une idée – peut-être il est un héros, parce qu'à la fin du film cet « héros » a gagné la lutte…la lutte contre le désir sexuel, contre le sexe opposé. La solitude n’est pas encore un problème pour le protagoniste…maintenant il a une amante – sa partenaire à la leçon de danse. Je sais que c’est un peu bizarre…je pense que la nature absurde de Houellebecq influence mes propres idées !
This message has been edited by adurand on Feb 12, 2005 8:52 AM
La différence entre le livre et le film est l’élément d’humour. Le ton du livre est plus sombre et tragique et j’avais l’impression que la perspective du protagoniste du film le montre dans une lumière bizarre et comique. Bien que les defauts du protagoniste se ressemblent dans les deux histoires, l’attitude vers ces défauts le différencie.
J’ai la même opinion après avoir vu le film sur le sujet de la pitié. Je crois que le protagoniste manque de pitié personelle. Son attitude envers le monde sans le sentiment de dégoût mais Tissereand n’est qu’un représentant de ce monde. Il est une cible de la critique du protagoniste, n’est qu’un exemple, une façon de montrer ce dégoût généralisé .
La fin du livre, c’est un réveil mental du narrateur. La signification de la fin du livre : c’est clair qu’un changement mental a eu lieu mais je ne comprends pas les effets concrets de ce changement, s’ils existent. « la fusion sublime : le but de la vie est manqué. » Il m’apparait que peut-être le narrateur a accepté son état mental et sa position dans la société (qui n’est pas simple dans les non-lieux). Mais je ne vois pas l’aspect positif de cette acceptance bien qu’il soit une sorte de paix apprise. C’est à dire qu’il ne peut pas trouver le sens de la vie mais peut-être c’est mieux de considérer le bonheur sans le sens que de chercher-le sans cesse?
La fin du film, je l’ai trouvée plus agréable mais j’ai les mêmes questions sur la signification. Généralement, la fin du film apparait comme une fin heureuse mais probablement, ce n’est pas le cas.
This message has been edited by adurand on Feb 16, 2005 7:55 AM
J’ai dit avant que je n’aime pas trop les perspectives sombres sur la vie, et j’ai trouvé que le film Domaine de la Lutte était pour la plupart comme le roman, juste ça— pessimiste. Les seules parties des deux que j’ai aimées étaient les fins. Je trouve que dans les deux il y a l’impression qu’il avait trouvée son bonheur. La grande différence est la connotation des deux. Dans le roman je pense qu’il avait atteint le bonheur avec lui-même, la première étape pour trouver une autre personne – le cliché qui dit "vous avez besoin de vous aimer vous-mêmes avant qu'il soit possible pour une autre personne de faire la même chose". Dans le film il apparaît qu'il a trouvé une femme avant de se trouver lui-même. Ce sont les éclats d’espoirs pour tous, et parce que je suis optimiste j’ai vu cette partie avec le sourire. Finalement cela va être une peur plus heureuse. Enfin il va peut être devenir le genre d'homme qu'il détestait initialement, un homme amoureux. Il a fait un grand cercle. Est-ce que quelqu’un d'autre a les mêmes ou presque les mêmes pensées ?
Par ailleurs, j’ai dit une chose en classe que je veux retirer. J’ai dit que le narrateur avait de la compassion parfois et de la pitié parfois envers Tisserand, mais après avoir regardé le film j'ai changé d’avis. Il n’a pas de compassion, il a le mépris en butin. J’ai vu dans le film la manière avec laquelle ils parlent ensemble, les réactions moqueuses du narrateur.
This message has been edited by adurand on Feb 12, 2005 8:57 AM
Je crois que Houellebecq est un très bon écrivain. C'est intéresant qu'il y a un personnage dans le livre qui avait le même prénom que Houellebecq et je crois que cette ambiguité qui est présente dans le texte crée une attirance pour le lecteur à chercher des clés dans le livre pour justifier que les avis du protagoniste sont les mémes que ceux de Houellebecq. A mon avis, je crois que c'est une bonne stratégie de marketing! C'est intéresant comment Houellebecq change la fin du livre dans le film. Quand j'ai lu le livre, j'ai eu beaucoup de pitié pour le protagoniste à cause de sa vision de la vie, mais avec le film, la fin montre une chance d'espoir pour lui. De toute façon, je crois que l'adaptation du film est intéresante. Quand on lit le livre, on peut noter beaucoup de cynisme et désenchantment envers l'individu, sa vie sexuelle, et les média. Aussi, pour moi, je peux juste garder un sentiment de pitié pour le protagoniste. Par contre, avec le film, Houellebecq a fait que le cynisme du protagoniste semble drôle. La manière dont il se comporte dans le film et aussi sa manière de parler est drôle. Le son et le bruitage dans le film ont beaucoup aidé pour créer un air de tristesse dans le film et je crois que le metteur en scène l'a bien utilisé.
This message has been edited by adurand on Feb 12, 2005 9:02 AM
« L’extension du Domaine de la Lutte » par Michel Houellebecq a rendu compte de la vie d’un homme qui a une trentaine d'années. Cet homme vit une vie déprimée à Paris. Je ne sais pas pourquoi mais il est seul dans le monde. « Cependant est-ce qu’il n’y avait personne que je souhaitais prévenir, informer de mon état ? Eh bien non, il n’y avait personne. » (Page 79). Sa femme l’a quitté et sa vie devient banale, ou mieux dit, sa vie manque d'un but. J’ai vraiment bien aimé ce livre. C’était un peu obscur de temps en temps mais nos vies sont obscures aussi parfois, n’est-ce pas ? Il y avait quelques parties du roman quand j’ai ri fortement et d'autres durant lesquelles je pouvais m’identifier dans ce roman. Cet homme a beaucoup de souffrances mais il manque d’émotions. Sa vie est décrite par « Métro, boulot, Dodo » parce qu’il ne fait rien de sa vie. À la page 13, il écrit « Vous avez eu une vie. Il y a eu des moments où vous aviez une vie. Certes, vous ne vous en souvenez plus très bien ; mais des photographies l’attestent. » Je crois qu’il y a beaucoup de gens qui se sentent comme cet homme mais qui ne disent pas ce qu'ils ressentent aux autres et il a l’audace de le dire donc je ne pense pas qu’il soit trop pessimiste. À mon avis, le domaine de la lutte est un synonyme pour la vie parce que la vie est un défi et l’extension du domaine de la lutte est en fait l’extension de la vie du personnage principal quand il est tombé malade à Rouen.
Le personnage principal juge tout le monde autour de lui, mais je suppose qu’il ne voudrait pas si les autres le jugeaient. Tout le monde fait des jugements des autres et je suppose que c’est normal mais il faut être capable de se juger parce que tout le monde a des défauts. On doit réaliser que nous ne sommes pas parfaits. Si cet homme n’avait pas toujours donné une impression pathétique peut-être que sa vie aurait pu s'améliorer. C’est triste parce que c’est possible de perdre soi-même dans la vie. Nous sommes consummés par nos boulots, la consommation, et l’amélioration de nos vies. On n’est jamais content pendant une période de temps prolongé.
-Qui est exactement le personnage principal et pouvez-vous vous rapprocher de sa vie ?
Steven, c'est vrai que le personnage principal est si pessimiste. Mais la question doit être si c'est à cause de ses expériences qu'il a changé. Moi je me suis demandé si nous tous allons devenir comme lui à cause de la société. Alors pour répondre à la question "qui est le personnage principal" je pense que c'est n'importe qui, qui essaye de vivre contre les règles de la société.
Je pense que c’est très possible que n'importe qui puisse approcher la vie qu'il vit. Il semble avoir eu une vie remplie de déceptions. Il est entouré par la vie pourtant il se sent sans vie. Je pense que n'importe qui, qui décide de changer sa vie sur la base d'expériences précédentes négatives peut être condamné pour être comme lui. Par exemple il est critique par rapport aux femmes. Je peux seulement deviner qu'il a été blessé gravement par des femmes avant. Au lieu de risquer d’être encore blessé il a choisi de déprécier des femmes, les appelle des putains, etc. pour se sentir mieux. Il se protège contre plus de blessures. Il choisit de voir seulement le mauvais dans la vie et c'est pourquoi dans le roman il est dans cette situation. N'importe qui, qui choisit de voir seulement l'obscurité dans tout sera condamnés à une vie très semblable au personnage principal.
Mais il n'est pas aussi simple que ça parce qu'une autre question doit être posée: est-ce qu’il a tort? A-t-il tort si autour de lui tout le monde est préoccupé par la volonté de se fondre dans le moule. Ainsi il a tort quand il choisit de cesser de se conformer aux idées de ce qui est acceptable, de ce qui est normal et de ce qui est juste et il devient dépressif. Ainsi je te demande si n'importe qui de nous se rendait compte que nous n’avons pas beaucoup de liberté et les choses que nous voyons n'étaient pas des choses que nous voulons voir. Combien d'entre nous ne deviendraient pas dépressifs à cause de nos inutilités apparentes?
This message has been edited by adurand on Feb 16, 2005 8:00 AM