Stupeur et Tremblements est incontestablement mon livre préféré du semestre. La façon dans laquelle elle écrit est à la fois amusante et triste. Elle donne une perspective incroyable de la société japonaise et elle parle aussi contre leur hiérarchie sociale. Ce que je trouve l'aspect le plus intéressant de ce roman est comment elle a écrit un vrai roman de non-lieu sans beaucoup utiliser les techniques des autres romanciers du non-lieu que nous avons lus ce semestre. Elle n’utilise pas souvent l’anglais, elle donne des caractéristiques humaines (ou plus avec ses analogies avec le diable et Dieu!) à tous ses personnages, et elle n’écrit pas de bruit mais elle a habilement construit une image incomparable de son lieu d’emploi comme un non-lieu.
This message has been edited by adurand on Apr 11, 2005 7:56 AM
Je suis d'accord avec les personnes qui ont dit que ce livre est leur livre préféré du semestre. J'ai lu un autre roman de Nothomb et j'apprécie l'honnêteté et la clarté avec lesquelles elle écrit. Cette histoire a une intrigue qui est accélérée par le dialogue amusant et les descriptions directes et puissantes. Je préfère ce style qui utilise les mots dans une manière plus efficace et on ne doit pas filtrer page après page des descriptions détaillées pour obtenir un sens concret. Je soutiens la philosophie que quelquefois : less is more !
Les similarités entre ce livre et De gré ou de force sont claires. Voilà deux exemples de la dégradation humaine. Les environnements de travail dans les deux histoires se ressemblent. Il existe une hiérarchie dans laquelle les patrons au milieu abusent de leur pouvoir, comme Fubuki.
J'ai trouvé intéressant la métaphore de l'entreprise avec la religion. La narratrice proclame de temps en temps qu'elle est Dieu. Elle compare l'offre du chocolat avec l'offre de la pomme d'Eve, et je pense que c'était avec le vice-président qu'elle a fait la comparaison avec le diable. Peut-être que quelqu'un peut offrir un aperçu général de la similarité entre les deux concepts? Vraiment, la narratrice possède une qualité modeste. On dirait qu'elle offre la joue gauche quand elle reçoit un coup au visage à la joue droite. Après avoir été abusée verbalement par Fubuki plusieurs fois, la narratrice lui offre de la sympathie. La narratrice se dissocie du travail en entrant dans des états de solitude rêveuse. Je ne comprends pas exactement tous ces rêves. Mais, je crois que ses rêves sont une forme de défense contre l'abus de l'entreprise, une réaction subconsciente, la dissociation mentale de la réalité (la même réaction que la femme dans De Gré ou de force avait qui passait la plupart de temps dans la salle isolée au bureau).
Voilà une croyance que je crois, que nous sommes nés avec une capacité (souvent inconnue de l'individu) à nous défendre mentalement de la folie absolue.
Je dois admettre que ce livre m'a beaucoup intéressée... j'aime bien le style d'écriture d'Amélie Nothomb. Ses descriptions sont réelles, mais en même temps on peut sentir l'idée du fantastique... c'est difficile à imaginer des événements bizarres comme les choses qui se sont passés dans la vie d'Amélie à Yumimoto.
Je suis tout à fait d'accord avec Stefany - la métaphore de la religion dans l'entreprise. A mon avis la religion est un thème qui est évident dans toutes les oeuvres qu'on a étudiés pendant cette classe.
Ce qui est plus intéressant est que la religion se manifeste dans les « non-personnes » de ces non-lieux. Par exemple, il y a la comparaison entre le vice-président et le Diable. Néanmoins, à l'égard de sa vie on ne sait pas de choses personnelles! sauf qu'il est obèse ! Dans les yeux d'Amélie, le vice-président est le serpent au jardin d'Eden.
This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 9:51 AM
Je trouve que le film d'Alain Corneau garde bien le sentiment du livre d'Amélie Nothomb. Il a habilement dépeint l’humeur du livre, et je pense que tous les acteurs étaient très bien choisis pour les personnages du roman. En particulier, j’aime l’acteur qui a joué M. Omochi. On peut bien comprendre comment Amélie pouvait avoir peur de lui, mais il est en même temps amusant avec sa grosseur et sa colère. Comme avec le roman, je ne peux pas dire qu’il y a un aspect du film que je n’ai pas aimé.
This message has been edited by adurand on Apr 24, 2005 4:02 PM
Les documentaires que l'on trouve sur la version DVD du film sont à ce sujet très intéressants avec notamment les interviews de plusieurs des acteurs japonais qui jouent dans le film, dont Bison Katayama (l'acteur qui jour le rôle de M. Omoshi). On apprend ainsi que dans la réalité, Katayama est quelqu'un qui a une voix très douce, il est très gentil et il est musicien professionnel puisqu'il est batteur dans un groupe de jazz!
Je ne sais pas de tout le reste de la classe, mais je suis certaine que si j’avais quelqu’un sous mes “ordres”, je pourrais trouver quelque chose de plus utile et embarrassant pour cette personne à faire que laver les toilettes. Amélie-san peut m’apporter des cafés et la nourriture. Je suis sûre que j’aurais besoin d’un massage de temps en temps. Si Fubuki Mori n’a pas besoin d’une secrétaire, elle peut m'être utile. Mais je crois que ça c’était le thème de tout le roman. Monsieur Tenshi et Monsieur Haneda ont bien compris que les talents d’Amélie-san et le temps d’Amélie-san seraient perdus pour toute l’année.
C’est un paradoxe intéressant quand la bureaucratie des compagnies et des sociétés était créée pour les aider à fonctionner, mais en fin de compte elle les empêche de fonctionner. Monsieur Tenshi est réprimandé parce qu'il utilise les talents d’Amélie-san et Monsieur Haneda ne peut rien faire dans la compagnie dont il est Président parce qu’il doit respecter l’autorité de Fubuki Mori à propos du travail d’Amélie-san. Ça met encore en question l’efficacité du capitalisme et de la société moderne. Mais dans ce roman, nous avons aussi à analyser l’efficacité des traditions de l’Orient.
Une question: Quelle était la signification des rêves d’Amélie-san d’être Dieu ou Christ? Est-ce qu’ils étaient seulement pour souligner le contraste entre ce qu'Amélie-san désirait faire et ce qu’elle fait maintenant?
This message has been edited by adurand on Apr 11, 2005 7:59 AM
J’aimais bien ce roman, c’était très drôle et aussi donne un très bon message culturel et aussi féministe (féministe au Japon, mais féministe quand même). Ca m’embête que tout est basé sur la réalité ! Qu’une firme puisse gaspiller son argent en payant quelqu’un pour changer le papier toilette avec le salaire d’un poste plus élevé est complètement fou ! Et c’est tout pour l’honneur ! C’est si surréel de le lire d’un point de vue américain où le business ne semble que s’agir de comment on peut gagner plus d’argent, et de payer quelqu’un pour cela sera hors de question.
This message has been edited by adurand on Apr 11, 2005 8:01 AM
J’ai trouvé que ce livre est beaucoup mieux que les autres livres que nous venons de lire. C’était bien plus facile à lire et je n’avais pas de problème à suivre l’intrigue mais j’ai des questions. Es ce que la narratrice est vraiment handicapée ? Le raison pour laquelle je pose cette question est parce qu’au début du livre la narratrice nous montre qu’elle avait la capacité de se souvenir de tous les noms de l’organisation et les noms de leurs familles, leurs dates de naissance et lieux de naissance. Pour moi, cela me montre qu’elle n'est pas stupide du tout. En plus de ce souvenir de tous les noms, dates, etcetera, la narratrice avait de très bons rapports au bureau. Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu’elle est vraiment handicapée ?
This message has been edited by adurand on Apr 11, 2005 8:03 AM
Pas du tout! Je pense qu’elle est très intelligente (après tout, elle a écrit ce roman), et j’avais l’impression en lisant que la seule raison que Fubuki avait dit qu’elle était handicappée était qu’elle détestait Amélie personellement, et la seule raison pour laquelle elle la détestait était parce qu’Amélie était en concurrence avec elle. Fububki savait bien que c’était très difficile pour une femme d’avancer dans le commerce japonais, donc elle n’a pas gaspillé du temps en la prévenant d’avancer.
This message has been edited by adurand on Apr 12, 2005 9:23 AM
Je suis d'accord avec Tom. Il est clair qu'Amélie n'est pas vraiment handicapée à cause de sa capacité de se souvenir de tous les renseignements de tous les employés de Yumimoto, et aussi de se souvenir de toutes les commandes de café pour ses supérieurs. Mais, cet opinion de ne pas être handicapée vient des yeux des Américains. Après avoir lu le roman, on voit comment les entreprises japonaises sont très différentes des entreprises qu'on a l'habitude de voir. Au début, j'ai pensé que cette déscription était un exemple de l'absurdité, mais vers la fin, il semblait que c'était la vérité. Alors, parce que ces grandes différences existent, il n'est pas difficile de voir pourquoi Fubuki a cru qu'Amélie était handicapée. Amélie n'a pas respecté beaucoup des valeurs qui sont tenues en très haute estime par les Japonais. On voit plusiers fois qu'Amélie ne savait jamais quand est le bon moment pour cesser de parler. Elle est allée trop loin en parlant beaucoup avec ses supérieurs. C'est dans ce sens que les autres peuvent voir Amélie comme une handicapée. Elle n'a pas de vrai handicap mental, mais peut-être un handicap culturel, c'est à dire un handicap à comprendre ce qui est demandé d'elle. Le seul sujet où peut-être Amélie a un handicap mental est celui des mathématiques. Clairement, elle a beaucoup de problèmes en ajoutant les chiffres. Mais, à part ça, elle semble être très intelligente; sa mémoire peut retenir beaucoup.
This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 7:53 AM
Stupeur et Tremblements présente les non-lieux et les non-gens dans une nouvelle perspective. Avec la narratrice dans une position de non-personne on voit comment les gens occidentaux se battent pour leur identité. La narratrice utilise sa personnalité imaginative et un peu confuse socialement pour survivre comme quelqu'un sans importance. Nous sommes à l'ouest tous convaincus que nous sommes tous des gens spéciaux; c'est une différence culturelle de l'est où c'est mieux de connaître sa place petite et invisible dans la grande hiérarchie.
Amélie Nothomb crée une image du non-lieu Yumimoto qui aide avec notre compréhension des non-lieux en général. Il n'y a pas de monde en dehors de la compagnie. La narratrice ne fait pas référence à son logement, sa famille ou celui des autres personnages, sauf ses références émotives sur la vitre et la ville au dehors. Mais ce que Amélie-san remarque à travers la vitre, personne d'autre ne s'y intéresse.
C'était assez drôle et bien sûr différent des autres romans mais j'avais des difficultés à comprendre l'intrigue. Moi, je crois qu'elle est très intelligente, la narratrice. Pourquoi elle a permis que Fubuki la croie imbécile? Aussi quand on lui donne le poste à la comptabilité (en vérifiant les notes de frais des voyages d'affaires) elle n'as pas demandé à Fubuki de l'aider? Et Fubuki, qui pense que la compagnie est la plus importante, ne l'aide pas. Elle l'a laissée échouer. Avec cet échec, c'est la compagnie qui paie. Amélie-san ne travaille pas gratuitement.
Aussi, la narratrice se prend pour Dieu ou Jésus. Croit-elle qu'elle soit le sacrifice pour tous les autres occidentaux? Pourquoi s'est-elle sacrifiée? Qui va en profiter? Ou peut-être qu'elle est devenue complètement folle? Avez-vous des idées?
Peut-être que j'ai mal compris la partie dans laquelle la narratrice a expliqué comment elle a été embauchée et pourquoi ce poste était si important. Cependant, J'ai trouvé intéressant ce roman, avec sa vue sociologique du Japon. Aussi, j'aimais bien le style d'écriture. C'était clair et précis.
Réflexions sur Stupeur et tremblements Amélie Nothomb
April 12 2005, 11:56 PM
Ce qui fait incontestablement le charme du roman est l’humour percutant avec lequel l’auteur s’emploie à raconter les mésaventures rocambolesques de la narratrice d’origine belge au sein d’une entreprise japonaise. Le non-lieu est les bureaux de l’entreprise Yumimoto étalés sur deux étages avec de grandes baies vitrées, que l’on imagine être dans un gratte-ciel. Aucun lieu extérieur n'est mentionné sauf le métro que la narratrice prend pour se rendre à son travail. Très vite, ce non-lieu devient “un lieu de torture” pour la narratrice avec son lot d’humiliations absurdes. Elle passe son temps à vaquer à des tâches toutes plus dégradantes les unes que les autres, entre autre : “avanceuse-tourneuse de calendriers” et la pire des insultes qui soit “nettoyeuse de chiottes”. On l’imagine tel un automate se pliant à la volonté de chacun. L’absurde réside dans le fait qu’on lui confie des tâches dérisoires dénuées de toute logique qui la plongent dans un état d'annihilation. Le fait qu'il n'y a pas de chapitres dans le livre ajoute à l'idée que la narratrice n'a plus de repères. Lorsqu’elle se voit affectée au secteur de comptabilité, elle rétorque : “Comptable, moi? Pourquoi pas trapéziste?” (p57) Alors qu'en plus, elle sait parler japonais couramment et s'est révélée compétente à propos de la rédaction du dossier sur le beurre allégé. C'est aussi ce qui fut sa perte, sa déchéance. Elle est victime des lois de conduite de la culture japonaise où la notion d'individu n'est pas prisée. Et elle est victime également d'être occidentale, d'être une Blanche dans un pays au fort caractère national. L'entreprise Yumimoto reflète l'esprit national nippon. Chacun des quatre membres de la direction n’oserait empièter sur l’autorité hiérarchique de son supérieur selon le protocole et est caricaturé jusqu’au ridicule. Ainsi le président Monsieur Haneda est Dieu, le vice-président Monsieur Omochi un tortionnaire à l’esprit sadique, Monsieur Saito un véritable maniaque de la perfection, Fubuki Mori femme à la beauté exquise, un véritable bourreau dont la narratrice est le souffre-douleur par excellence. Sa mission semble être en effet de rendre la vie invivable à la narratrice qui compare son sort à celui d’un prisonnier de guerre dans un camp japonais. A la fin, Monsieur Haneda se révèle être le plus humain et le plus décent au même titre que Monsieur Saito. Les deux autres sont irrécupérables.
Mais au-delà de l’humour se dégage une critique de la société japonaise à savoir “…qu’au Japon, l’existence, c’est l’entreprise” et une dénonciation de la condition de la femme japonaise condamnée à être le serviteur de son mari et de ses enfants à la maison et de son employé au travail. Le système japonais ne semble autoriser qu’un seul droit, celui de se suicider. Malgré le caractère infâme de Fubuki, on a quand même un peu de compassion envers elle car elle est elle-même victime de ce système rigide presque abusif de soumission et de dévotion totales à l’entreprise. Si elle a été si odieuse envers la narratrice qui aurait pu avoir une promotion rapide malgré qu’elle ne l’ait pas cherché, c’est parce qu’elle-même a dû faire ses preuves et en baver pour arriver à l’échelon qu’elle occupe dans la firme. Même la narratrice à la fin ne lui en veut pas.
L’objet tangible qui lui procure un sentiment d’être libre de ses choix dans cette “prison” est la fenêtre où la narratrice se complaît à imaginer qu’elle se laisse aller dans le vide à maintes reprises dans le roman. “Aussi longtemps qu’il existerait des fenêtres, le moindre humain de la terre aurait sa part de liberté.” (p186) Peut-être que l’auteur a voulu dire que le fait que l’on a le choix d’en finir avec sa vie est une liberté intrinsèque que l’on a, l'ultime contrôle que l’on peut exercer sur sa propre existence. Elle a besoin d'imaginer qu'il y a un échappatoire possible à son calvaire à défaut de démissioner qui est considéré comme l'ultime affront au Japon. Cependant elle s'y résignera à la fin.
J’aurais voulu savoir si Amélie Nothomb a vécu au Japon et si par conséquent l’histoire dans ce roman est inspirée d’éléments autobiographiques? Et aussi, pourquoi avoir choisi le Japon et pas les Etats-Unis, il y aurait sans doute autant à dire sur “Corporate America” ?
Amélie Nothomb a écrit le roman comme une autobiographie. Mais je remarque qu'il a un but du roman, je crois que ce but est de décrire sa découverte de soi pendant son année au Japon. Notamment, le roman s'est passé pendant une année mais nous savons seulement des choses sur sa vie à l'entreprise, donc ce sont les événements dans l'entreprise qui ont provoqué les changements de son esprit. Enfin, je sens que le roman n'était pas écrit pour un public en particulier, mais plutôt pour soi-même, comme une histoire de sa vie, car elle n'avait pas la capacité à s'exprimer linguistiquement avec la même facilité.
En réponse à quelques remarques sur le forum :
Amélie Nothomb n'a pas de handicaps physiques, mais elle a soufert de boulimie et d'anorexie. Alors, elle n'avait pas beaucoup de confiance en soi, une raison pour laquelle elle a permis que Fubuki la croie imbécile, à mon avis. A cause de ce manque de confiance, au début du roman elle n'avait pas la force de dire les choses comme elle voulait, alors elle a descendu la chaîne de commande dans l'entreprise.
Je ne crois pas qu'elle soit devenue complètement folle, mais qu'à la fin elle est devenue elle-même. Le détail le plus significatif est que le message de Fubuki à Amélie-san a été écrit en japonais, un signe que Fubuki avait reconnu qu'elle était capable de comprendre, et qu'elle le savait tout le temps.
This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 9:56 AM This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 9:55 AM
Quand j'ai lu ce livre, j'étais choquée de découvrir la fréquence dans laquelle ce que nous voyons comme le sexisme existait pendant les années 90 au Japon. Aussi, j'étais surprise de voir l'ignorance ou manque d'intérêt des Japonais pour des cultures et des coutumes étrangères- surtout dans une entreprise aussi grande et internationale comme Yumimoto. En même temps, j'étais surprise aussi qu'Amélie n'a pas passé de temps à apprendre la culture du Japon. Ce n'est pas suffisant seulement de connaître la langue, on doit connaître la culture aussi. Donc, j'ai une question générale à poser: Qui a la responsabilité de connaître la culture de l'autre: la compagnie japonaise qui a invité Amélie à la rejoindre, ou est-ce que c'est la responsabilité d'Amélie quand elle est entrée dans la culture hors de la sienne d'être consciente des coutumes et croyances des Japonais?
This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 10:44 AM This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 9:59 AM
Je suis d’accord avec les autres qui ont dit que ce roman est leur favori. Je pense que le style d'Amélie Nothomb est très simple et aussi intéressant. Je l’aime. Elle est amusante et vraie. Dans le roman, le rôle de la femme, particulièrement au travail, est très intéressant. A la compagnie Yumimoto, Fubuki et Amélie sont inférieures à beaucoup d’hommes. Peut-être, c’est une coïncidence mais, je pense que non. Fubuki travaille très dur pendant de nombreuses années et elle n’obtient pas de promotion dans l'entreprise. C’est aussi la raison pour laquelle elle se retourne contre Amélie. Amélie était une menace. Au début du roman, elle rencontre M. Tenshi et il l'aide. Il savait qu'Amélie était intelligente. Mais Fubuki arrête la situation entre les deux. Fubuki était jalouse ! M. Tenshi était différent des autres hommes à Yumimoto.
La façon dont les supérieures parlent à Fubuki et Amélie était comme les animaux. C’était incroyable. Mais, Je ne sais pas si c’était le façon dont les supérieures parlaient aux travailleurs inférieurs ou aux femmes en particulier. Je suis certaine que les deux sont inférieures pas seulement à cause de leur genre, mais aussi parce qu’elles sont célibataires. «J’observais son comportement quand elle avait un célibataire » (p.106). Fubuki accepte sa place dans la compagnie et la façon dont les supérieurs la traitent. Mais Amélie n’accepte pas le traitement des supérieurs. Amélie n’était pas habitué au monde du travail au Japon. A cause de ses (Amélie) actions, les supérieurs ne l’aimaientt pas. Donc, elle a continué son travail ennuyant !
This message has been edited by adurand on Apr 15, 2005 1:16 PM
Je trouve le livre d’Amélie Nothomb « Stupeurs et Tremblements » incontestablement mon favori. J'ai toujours aimé le style, la créativité, et la liberté avec ses écritures qu’Amélie emploie. Ses romans, même s'ils peuvent parfois perturber m’ont toujours impressionnée.
Je pense que ce roman est différent de tous les autres que j’ai lu mais il y a un thème qui est présent partout. C’est l’idée de ne pas arriver à s’intégrer. Le Japon est un monde complètement étranger pour l’Occident. Les affaires et les rôles des hommes et des femmes sont traditionnels. On n’a pas vraiment changé pendant les dernières années. Même si on essaye d’avancer, on ne réussit pas à surmonter tous les obstacles. La seule chose qui m’a étonnée était que le patron direct d’Amélie était une femme – Fubuki Mori. Fubuki est humiliée elle-même par son propre patron donc elle doit faire subir la même chose à Amélie. Je ne pense pas qu’elle le fait à cause de ses « handicaps ». Fubuki doit le faire pour réaffirmer sa position dans Yumimoto et de montrer que malgré le fait qu'elle est une femme elle est puissante et peut se mesurer aux hommes.
L’idée de non-lieu vient de l’idée de ne pas arriver à s’intégrer. Parmi des gens étrangers, une nouvelle culture, et un patron qui ne l’aimait pas, Amélie ne peut pas trouver sa place. On peut voir que le personnage d’Amélie ne se connaît pas bien elle-même et ses environnements l'ont changée.
This message has been edited by adurand on Apr 17, 2005 9:11 PM
J'ai vraiment apprécié ce livre, il m’amusait beaucoup parce que je pouvais imaginer toutes les scènes. Je pense que bien qu'il ait été drôle il a provoqué quelques questions intéressantes, dont certaines ont été déjà posées sur le forum. J'ai voulu essayer de répondre à quelques-unes de ces questions.
Pour répondre à Tyler je pense qu'Amélie a illustré qu'elle a su et a compris la culture nippone. Dans tout le roman elle décrit la pensée des Nippons, elle dit beaucoup « le nippon….. » ou « la nippone… ». Ainsi il me semble qu'elle a essayé au fond de comprendre la culture nippone avant de venir travailler. Mais les employées de la compagnie Yumimoto n’ont pas fait beaucoup d’efforts. Ils ne considèrent même pas qu’Amélie pourrait avoir des difficultés à s'adapter à une autre culture. Ou peut-être c'était qu’Amélie a tellement bien saisi la langue et la culture nippone que les autres ont voulu lui donner un moment difficile. Prenez par exemple quand M. Saito a demandé à Amélie d’oublier le japonais parce qu'elle semble le parler parfaitement. Cela suggère qu'ils voulaient qu'elle fasse des erreurs, pour que tout le monde sache qu'elle n'était pas japonaise.
Pour répondre à Jennifer, je pense qu'Amélie nous donne l'explication de pourquoi elle veut être Dieu dans le roman. À la page 80-81 elle explique ce qu’elle voulait devenir quand elle était petite. Elle dit Dieu au début, puis elle dit le Christ et alors elle dit martyre. Je pense que c’est ce qu'elle essaye de faire. Un martyre est quelqu'un qui est disposé à mourir pour sa croyance. Amélie croit qu'elle est capable d'effectuer le travail, encore faut il que ses supérieurs aient confiance en elle. Puisque Fubuki n'a montré aucune foi dans les capacités d'Amélie, elle n'allait pas lui prouver le contraire. Je pense que la croyance d'Amélie est qu'est elle ce que d'autres pensent qu'elle est. Au lieu de montrer aux gens qu'elle est meilleure que ce qu'ils pensent qu'elle est, elle préfère mourir. Dans ce cas la mort c’est une mort professionnelle, ou elle ne peut pas descendre plus bas. Je pense également que dans l'esprit d'Amélie si elle devenait un martyre elle pourrait alors devenir le Christ et après devenir Dieu.
This message has been edited by adurand on Apr 18, 2005 4:31 PM
Dans ce roman la narratrice, Amélie Nothomb, fait une analyse de la culture japonaise pendant son temps à l’entreprise Yumimoto. Amélie découvre l'obscurité du pays en analysant les comportements des employeurs de Yumimoto. Le premier rôle d’Amélie dans la compagnie était de servir du café ou du thé. On voit l’absurdité dans les comportements des supérieurs dans la compagnie quand ils décident d’interdire à Amélie de parler leur langue parce qu’elle a servi le café avec des formules qui suggéraient qu'elle parle le japonais à la perfection. Mr. Saito lui demande en colère « comment nos partenaires auraient pu se sentir en confiance, avec une Blanche qui comprenait leur langue ? ». Je pense qu’Amélie a réalisé aussi que l’image qu’elle avait du Japon, surtout quand on pense au stéréotype des caractères des japonais, est contredit par le caractère de sa supérieure, Mori Fubuki. Quand Amélie décrit Fubuki, « elle dit Mademoiselle Mori mesurait au moins un mètre quatre vingts » ce qui n’est pas une taille typique pour une femme japonaise. Fubuki a décidé d'humilier Amélie parce qu’elle ne pense pas qu’Amélie mérite une promotion après dix semaines de travail dans la compagnie. Je pense que dans la compagnie Yumimoto et même au Japon, l’importance est la productivité et la perfection, le travail basé sur l'honneur. L’importance n’est pas placée sur l’individu, tout le monde est presque une non-personne. Le Japon n’est pas influencé par les cultures de l'extérieur.
This message has been edited by adurand on Apr 20, 2005 10:01 AM
Je veux dire dans un premier temps que j’ai bien aimé ce roman. Amélie Nothomb écrit avec un style très facile à lire, et plus important, très difficile de ne pas lire. J’avais beaucoup de mal pour m’arrêter de lire ce roman et de faire mes autres devoirs!
Pour répondre à la question posée par Pascale A., Amélie Nothomb est née au Japon et elle a passée la plupart de son enfance au Japon.
Ceci dit, je pense que dans ce roman, il y a une sorte de « crise d’identité » pour la narratrice. Elle est belge, une occidentale entourée d’un monde oriental. Elle se croit intelligente au sujet du monde nippon, mais elle réalise dès que sa première journée dans l’entreprise Yumimoto qu’elle n’y connaît rien du tout. Surtout dans la structure hiérarchique de l’entreprise, il existe un code de comportement dont il ne faut pas sortir. Amélie, qui sait parler le japonais et qui connaît aussi la culture nippone (je veux dire la culture de la famille ; ce qu’elle a appris pendant son enfance), ne comprend pas comment réagir à ce nouveau monde ou elle est complètement humiliée et prise pour une folle handicapée.
Donc pour Amélie, il existe plusieurs questions sur sa propre identité. Elle est belge, sans doute, mais elle a aussi un côté nippon. Mais lequel des deux doit-t-elle assumer ? Surtout, dans la culture occidentale, les femmes ne sont pas vues que pour leurs capacités à produire les enfants.
This message has been edited by adurand on Apr 20, 2005 9:57 AM
J’ai bien aimé ce livre. Je l’ai trouvé très drôle. Une chose que j’ai trouvé remarquable était les sentiments des japonais (les japonais du livre). Toutes les personnes qui travaillent chez Yumimoto (sauf Amélie) ont beaucoup de respect pour leurs supérieurs. Chaque personne ne veut pas faire quelque chose qui emporte la honte. Face aux supérieurs, ils perdent tout leur orgueil et ils font de la soumission totale. En même temps, ils n’ont aucun respect pour les employés en dessous d'eux. Avec ceux-là, ils trouvent soudainement une fierté en eux-mêmes et ils deviennent méchants et arrogants. Je trouve ce manque de considération bizarre. Prenez Fubuki par exemple. Elle a souffert d'humiliations quand elle a commencé à Yumimoto. Mais après quelques temps, elle a obtenu un poste plus haut dans la hiérarchie de l’entreprise. On penserait qu’elle aurait un peu de sympathie pour les autres… qu’elle ne voulait pas voir les autres souffrir comme elle-même a souffert. Mais pas du tout. Au contraire, elle semble qu’elle aime voir les autres personnes humiliées. Et les autres travailleurs de Yumimoto sont similaires. La seule personne qui ne se conforme pas à cette mentalité est Amélie. Elle n’a pas peur de la honte et elle respecte les autres personnes comme des égales. En plus, elle se respecte tout le temps. Elle ne croit pas que quelqu'un est mieux qu’un autre parce qu’il est plus haut dans cette hiérarchie fabriquée. À mon avis, ça c’est une bonne qualité. Mais, à Yumimoto, ça devient une qualité qui cause beaucoup de problèmes. À la fin, Amélie est avilie jusqu’au point le plus bas seulement parce que elle ne respecte pas cette hiérarchie ridicule.
This message has been edited by adurand on Apr 20, 2005 4:04 PM
Je ne savais pas quoi attendre de « Stupeur et Tremblements » en regardant la couverture du livre, mais en fin de compte je l’ai beaucoup aimé. Elle explique les différences entre la culture Japonaise et la culture occidentale, mais elle les explique dans le contexte de son histoire, pas comme un livre d’étude. Je trouve que la façon dont elle écrit ce type d’histoire est très amusante mais en même temps très pédagogique. Même si c’est une partie de la culture Japonaise, j’ai beaucoup ri aux passages concernant ses tâches pour Monsieur Saito. On a beaucoup parlé sur « l’excès » dans les livres des non-lieux, et je pense que les tâches de Monsieur Saito sont un très bon exemple de l’excès. Amélie-San a passé toute une journée à faire des photocopies pour Monsieur Saito qui n’étaient jamais parfaites. Chaque fois qu’elle les a faites, il lui a dit « recommencez. » Même l’avaleuse n’est pas assez précise de l’avis de Monsieur Saito.
Je crois que ce livre était très bien écrit parce qu’il parle beaucoup des différences entre deux cultures opposées. Mais quelquefois l’auteur ne nous les dit pas, et quelquefois elle nous les montre. Par exemple, les pages 96-102 expliquent les femmes japonaises. Dans ces pages, Amelie-San nous donne des détails sur les vies des femmes japonaises. Mais ces explications culturelles ne sont pas toujours données. Pendant tout le roman on voit les différences culturelles comme la hiérarchie dans la compagnie, la rôle des femmes, et beaucoup plus. J’ai trouvé ce livre très amusant mais aussi j’ai appris beaucoup sur la culture Japonaise.
This message has been edited by adurand on Apr 21, 2005 9:53 AM
J’ai bien aimé Stupeur et Tremblements d’Amélie Nothomb parce que le roman montre les idiosyncrasies entre deux cultures, les belges et les japonais. Il s’agit d’une étrangère au Japon, Amélie qui bosse pour Yumimoto. Le roman rend compte de l’expérience d’Amélie, une belge, dans une entreprise japonaise. La narratrice est devenue la victime de la corporation japonaise à cause de sa nationalité, son genre, et sa nouveauté dans la firme. On lui donne des tâches inutiles à faire dans cette entreprise comme de faire des photocopies pour son supérieur qui veut la perfection ou quand elle a avancé les calendriers. Ce roman montre quelques aspects différents entre la culture occidentale et celle du japon comme l'humilité, la distance du pouvoir entre les supérieurs et les employés, et comment les femmes japonaises sont maltraitées dans la firme. Il me semble qu'au Japon, il faut toujours accepter la faute parce qu’il n’existe pas de bonnes excuses et aussi qu’il faut accepter les ordres de la direction sans rien dire.
Pourquoi pensez-vous que la narratrice a choisi de rester dans l'entreprise après avoir été maltraitée ?
Réponse à cette question : Amélie a dit elle-même qu’elle manque d’ambition et donc, un intérêt pour soi. Son caractère manque de la capacité à se défendre (ou un soin à se défendre) De temps en temps, elle était dans un état rêveur, un engourdissement des pressions de l’entreprise. A cause de ça, elle n’a pas l’ambition de quitter l’entreprise. Elle était indifférente.
This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:24 AM
Je suis en désaccord avec la conclusion de Stefany Joaquin concernant la question de Steven Nadeau : Pourquoi pensez-vous que la narratrice a choisi de rester dans l'entreprise après avoir été maltraitée ? Je crois qu’Amélie Nothomb avait le désir de devenir japonaise. Elle avait la capacité de parler parfaitement le japonais, elle était née là-bas, la seule chose qui lui manque, les caractéristiques physiques, une raison pour laquelle elle était captivée par Fubuki à mon avis. Alors, je crois qu’elle est restée dans l’entreprise parce qu’elle gardait toujours l'espoir d’être acceptée dans la culture japonaise.
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 11:22 PM This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 11:21 PM
Je dis toujours qu’il y a une grande différence entre votre réaction à ce que vous lisez et ce que vous voyez, même si c’est exactement le même sujet/ événement. En voyant le film Stupeur et Tremblements, j’étais choquée par l’austérité de la compagnie Yumimoto. Les premiers effets visuels étaient des couloirs de l’étage de son ‘bureau’— les formes angulaires et les murs blancs, bruns et noirs— évoquant le sens d’ordre, sévérité et hostilité. Les sens des gens en traversant les rues dans la ville et les images des gens entrant et sortant le lieu de l’emploi forgent l’analogie des fourmis qui travaillent dans une fourmilière pour la reine.
QUESTION POUR LA CLASSE
Quelles sont vos réactions à la manière avec laquelle le réalisateur a choisi de représenter l’entreprise Yumimoto ?
This message has been edited by adurand on Apr 21, 2005 12:33 PM
Après avoir vue le film, Stupeurs et Tremblement, j'ai pensé à la scène quand Fubuki et Amélie sont dans la salle de bain et les deux ont un pistolet dans les mains, prêtes à se tuer. La manière avec laquelle le réalisateur a mis en place cette scène est une très bonne représentation de l'existentialisme. Cette scène m'a fait penser à l'existentialisme de Jean-Paul Sartre et son oeuvre très connue, Huis Clos. Dans Huis Clos, le point de l'histoire c'est que "l'enfer c'est les autres". Je crois que la même idée est présente ici, entre Fubuki et Amélie, parce qu'Amélie ne peut pas se confier à Fubuki parce qu'elle ne la considère pas comme une amie, mais comme quelqu'un qui ne devrait pas avoir son poste sans avoir souffert pour l'obtenir. Les deux ne peuvent pas être dans un même lieu parce que la bataille continuera jusqu'à la mort, comme cela était montré dans le film.
This message has been edited by adurand on Apr 21, 2005 4:02 PM
J’ai bien aimé ce passage. C’est très représentatif d'Amélie et Fubuki. Quand on ne peut que voir, la neige est très belle et lumineuse, et la pluie, c’est assez laid et foncée. Mais si on va dehors, on peut bien sentir que c’est beaucoup plus difficile à durer la neige que la pluie parce que la neige est très froide, mais la pluie peut avoir une caractéristique assez régénérée. En même temps, Amélie n’est pas aussi belle que Fubuki, mais elle est sans doute plus aimable qu’elle, exactement comme la pluie et la neige.
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 11:18 PM
Premièrement, j'espère, pour les Japonais, que le film est une exagération de la rigidité de la culture! Stupeur et Tremblements me rappelle le film "Lost in Translation" mais simplement à cause du titre, parce que les expériences et les perspectives des "occidentaux" sont différentes. Culturellement, je trouvais Amélie perdue dans ses propres désirs de s'approcher des Japonais, mais ne pouvait rien faire. Ses expériences prouvent qu'on peut avoir une connection réelle avec la culture, mais sans relations personnelles, on ne se sent pas accueilli et à l'aise. Dommage pour elle.
Est-ce qu'il y en a parmi vous qui ont déjà eu cette expérience? Vouloir avoir une connection avec une culture mais sans gagner gagner l'accueil des autochtones?
This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:28 AM
La métaphore de la religion : J’ai remarqué quelques autres références à la religion en regardant le film. Premièrement, Amélie-san, le martyre réfère à M. Tenshi comme un ange. Elle souffrait de l’ennui des photocopies et il l’a sauvée d’une tâche futile en lui offrant une chance d'appliquer ses talents. Il a aidé quelqu’un à qui personne ne fait attention. Aussi, le dérangement causé par un manque de sommeil peut être comparé avec les chrétiens extrêmistes qui refusent de boire et de manger jusqu’à ce qu'ils voient Dieu. Souvenez-vous du film « Frailty » ? Dans le cas d’Amélie, jusqu’à ce qu'elle croit devenir Dieu. Aussi, la honte est un élément central dans l’entreprise Yumimoto et aussi elle s’utilise comme une façon de contrôle de l’Église. Quand le vice-president a remarqué qu’il n’y avait pas de papier toilette, Amélie pensait qu’elle devait payer pour ses pêchés…mais lesquels ?
Ce film causait des émois variés et opposés. J’ai trouvé le film comique mais aussi extrêmement triste. La colère des hommes japonais me fait rire mais leur manière fanatique provoquait des sentiments de sympathie pour Amélie. Aussi, mon attitude envers le personnage de Fubuki a évolué d’un sentiment de gratitude à de la déception et du ressentiment. Comme Extension du domaine de la lutte, le livre m’apparaît plus neutre et le film triste et comique à la fois.
Question
1) Est-ce que votre interprétation des rêves d’Amélie a changé après avoir vu le film ?
2) Préférences générales : le film ou le livre et pourquoi ?
This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:32 AM
La seule chose que je voudrais dire est que j'aime mieux imaginer les caractéristiques et les expressions des personnages. En plus, le visuel des vols dans le ciel sont limités par le cinéma!!
L'aspect du film qui peut l'éléver au-dessus du livre, à mon avis, est l'usage du langage. Naturellement, il est difficile d'avoir les conversations en japonais dans le livre, et même si Nothomb les avait mis, le son, le ton et les expressions seraient mieux exprimés dans le film.
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 12:37 PM
D'habitude, quand un film est fait d'un roman, il y a plusieurs différences entre les deux oeuvres, même s'il s'agit de la même histoire. Mais, avec l'histoire de Stupeur et Tremblements, j'ai trouvé que le film était exactement comme le livre. Ce n'est pas une mauvaise chose, mais je crois que je l'aurais plus aimé si je n'avais pas vu le film justement après avoir lu le roman. Parce qu'on a lu le roman quelques jours en avance, j'ai eu un sens de "déjà-vu" pendant le film entier. Il y avait très peu de différences entre les deux. Mais, le film nous permet de voir vraiment les scènes qu'on a vues que dans la tête en lisant le roman. Ma scène favorite était quand Amélie a fait un grand spectacle devant les autres employés en changeant le mois des calendriers. C'était très très drôle. En réponse à la question de Gabrielle, je crois que le film montre bien l'entreprise de Yumimoto. Le message à propos des affaires japonaises qu'on a tiré du roman apparaît de la même façon dans le film. On peut voir clairement la rigidité et la sévérité du japonais dans la compagnie. J'ai bien aimé le film, mais je ne vois pas comment on ne peut pas aimer ce film, sauf si on a détesté le roman. Et presque personne n'a détesté le roman.
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 11:31 PM This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 11:29 PM This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:16 PM
Je suis tout à fait d’accord avec Ilana. Je dois admettre que je déteste quand il y a des grandes différences entre un livre et le même film ! Donc, ce film m’intéresse beaucoup. Je pense qu'Alain Corneau a tellement réalisé le sens de l'humour de Nothomb. La scène avec les calendriers était vraiment drôle !
De plus, c’était intéressant de voir la vraie beauté de Fubuki – pour moi, cette représentation a rendu le livre plus fascinant. Je pense que l’admiration qu'Amélie avait pour Fubuki est une très bonne représentation de son admiration pour la culture nippone. Après tout, pendant le livre et le film, elle cherche à trouver cet aspect de sa propre personnalité.
This message has been edited by adurand on Apr 27, 2005 2:41 PM
Il me semble que peut être Fubuki est une métaphore pour la société nippone. Amélie parle de la beauté de Fubuki plusieurs fois, mais on voit que sous son beau visage elle est sévère et stricte. C’est la même chose avec la société nippone et sa hiérarchie ridicule. Si Fubuki n’est pas une représentation de ce qu'Amélie veut devenir, je ne peut pas trouver la raison pour laquelle Amélie est obsédée et presque entichée de Fubuki.
Est-ce qu’il y a quelqu’un qui pense qu’Amélie a vaincu ses supérieurs à leur jeu à la fin en respectant leurs règles ridicules à la lettre?
This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:34 AM
J'ai apprécié le film, je pense qu'il est resté assez près de ce que j’avais imaginé, sauf qu’ils ont coupé la scène avec l'homme Hollandais. Il y avait quelques différences dans le film qui ont bien représenté ce qu'Amélie ressentait, je pense. Les scènes quand elle est à la fenêtre et elle vole, ont souligné sa solitude et désir de partir. Il y avait également les scènes avec la jeune Amélie et la jeune Fubuki ensemble. Je pense que ces scènes ont prouvé qu'au moins dans l'esprit d'Amélie elles n'étaient pas différentes.
Un autre aspect qui ne pourrait pas avoir été manqué était la hiérarchie. C’était très bien montré dans la scène où M. Omochi réprimande Saito, puis Saito réprimande Amélie.
Je ne sais pas s’il y en a d’autres qui ont eu la même impression après le film, mais j'estimais que les supérieurs de Yumimoto ne voulaient pas qu'Amélie prenne rien personnellement. Il m'a semblé que chacun s'est affaibli vers la fin quand Amélie partait. Même Fubuki, la note qu'elle a envoyé à la fin signale qu’elle ne faisait que son travail, rien de personnel. Je pense que les supérieurs, de Fubuki à Omochi, ont pris leurs jobs très au sérieux. Chacun a jugé qu'il cherchait le meilleur intérêt pour la compagnie. Avec l’exception de M. Tenshi et M. Heneda qui ont traité Amélie comme un être humain plutôt qu’une employée, tous les autres l'ont traitée très froidement. Je pense qu'Amélie était le gagnante après son expérience, elle n’a pas perdu la face, elle a survécu à toute l'humiliation et elle a finalement obtenu la félicitation de Fubuki.
This message has been edited by adurand on Apr 25, 2005 6:53 PM
Tout d’abord, je dois dire que j’adore Stupeur et tremblements. C’est une oeuvre fascinante et créatrice. Je suis d’accord avec Patrick Sharkey qui a remarqué que l’auteur “a écrit un vrai roman de non-lieu sans beaucoup utiliser les techniques des autres romanciers du non-lieu que nous avons lus ce semestre.” Par exemple, dans la plupart de ces romans les narrateurs/héros n’ont pas de nom. A vrai dire, cela est devenu tout à fait prévisible. En plus, selon Augé, une des caractéristiques du non-lieu (et peut-être des non-personnes) c’est l’anonymat. Mais voilà un autre exemple de la façon dont Nothomb réussit à écrire un roman du non-lieu sans prendre la même route que les autres. Dans Stupeur et tremblements, la narratrice/héroïne n’a pas seulement un nom mais c’est l’auteur elle-même. Je trouve que la nature autobiographique du roman rend plus intime la connexion entre l’auteur et son lecteur. Plusieurs de mes camarades ont remarqué qu’ils avaient eu parfois des difficultés à s’identifier aux personnages dans d’autres livres que nous avons lus, mais, évidemment on n’a pas eu ce problème en lisant Stupeur et tremblements.
This message has been edited by adurand on Apr 25, 2005 6:54 PM
Comme Stephany Joaquim a remarqué, il y a des parallèles entre Stupeur et tremblements et le film De Gré ou de Force. Dans ces deux oeuvres il s’agit des protagonistes aimables qui sont en train d’être abusés par leurs supérieurs. Pour des raisons personnelles, ils ne quittent pas leurs postes comme le ferait la plupart des gens à leur place. Au contraire, ils décident d’y rester, dans le cas de Vincent, jusqu’à ce qu’il trouve un nouveau poste et dans le cas d’Amélie, jusqu’à la fin de son contrat. Bien qu’on les traite comme des non-personnes, ils persévèrent grâce à leur force de caractère. Dans le cas de Vincent, je crois que sa fortitude vient aussi du fait qu’il a des enfants à charge. Dans le cas d’Amélie c’est qu’elle ne veut pas perdre la face. En plus, elle a une vie avec des amis en dehors de la compagnie Yumimoto et elle écrit des manuscrits pendant son temps libre, donc peut-être que sa fortitude vient aussi du soutien de ses amis et de l’expression de sa propre créativité dans l’acte d’écrire. En tout cas, à la fin, ces deux personnages triomphent. On voit aussi que leurs persécuteurs sont aussi des victimes. Nothomb et Cazeneuve nous montrent le côté humain de Fubuki et de Jalabier, si désagréables qu’ils soient.
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 12:34 PM