Le roman était intéressant. Le tempo du roman a bien imité celui d'une fête. Tout en lisant je ne pense pas que je me suis jamais sentie calme pour trop longtemps, il y avait toujours quelque chose pour garder mon attention, si ce n’était pas le bruit c’était le name dropping, ou le sujet de conversation, ou d'autres personnages qui apparaissaient. Bien que l'organisation de chaque chapitre soit chronologique, le sujet dans chaque chapitre a semblé un peu aléatoire. Ensuite après avoir fini le roman j'ai commencé à m'interroger sur tout ce que j'avais lu. Au début du roman je n'ai pas eu l'impression que Marc était marié. Quand Anne est présentée, je n'ai pas eu l'impression que Marc et elle se connaissaient. Alors nous découvrons qu'ils sont mariés, mais le roman se termine avec Marc étant réveillé. Est-ce que tout cela n'était qu'un rêve ? Joss a-t-il vraiment existé ?
Je pense que la critique par Beigbeder au début du roman a parfaitement donné la tonalité du roman. L'auteur et le narrateur semblent être des hommes égoistes mais en même temps se désapprouvent eux-mêmes. Bien que la plupart du roman se passe dans une fête, la tonalité n’est pas heureuse, mais tragique. Personne n'est vraiment heureux, chacun joue son rôle afin de se sentir important. Quand Joss a déliré, je pense que c’était une représentation parfaite de ce qui ce passe dans le genre de vie qu’il vivait. Page 141 « Je suis connu dans le monde entier! Tout le monde m’adore! Je suis seul! ». Il me semble que dans ce monde tout le monde sait les affaires d'autre, pourtant personne pense que personne ne les connait vraiment. Est-ce que quelqu’un pourrait vraiment connaître Joss le DJ ? Il reste dans sa petite boîte à faire jouer la musique, musique qui est seulement le re-mixage d'autres musiques, alors rien vraiment d'original, il n'a aucune identité sauf par le biais de la musique qu'il joue.
Marc d'autre part dit tout ce qui lui traversait l'esprit. Le seul problème était qu’il n'était jamais vraiment clair ce qui était dans son esprit. Par exemple il dit « le jour se lève, moi non plus », il disait des trucs comme ça partout. Ca veut dire quoi exactement ?
Beigbeder a utilisé beaucoup de références de la culture pop, qui ont rendu le roman très crédible, pourtant en même temps surréaliste et exagéré. Il y a beaucoup de parties drôles particulièrement quand les personnages parlaient entre eux. Mais j’ai encore une question, c’était quoi vacances dans le coma ?
This message has been edited by adurand on Apr 20, 2005 9:54 AM
J’ai remarqué que dans ce livre, il existe un sort du bruit des mots. De la même manière que Joss Dumoulin ‘mixe’ les chansons, Beigbeder mélange les mots, les sons, et aussi les langues. Plusieurs exemples sont les conversations entre Fab et Irène.
But you must agree, lui dit-elle, that le mode il ne l’est pas pareil dans le France qu’a l’Angleterre. Le british people il aime tous les habits qu’ils sont strange et original, very uncommon, you see, mais le française, ils searchent pas le couleur or la délire, oui ? (48)
Ici, Beigbeder mélange l’anglais et le français, mais pas seulement en créant les phrases avec les mots en anglais et en français, par exemple avec le mot ‘searchent’ il crée un mot qui est du franglais. Je trouve que ce style d’écriture rend le livre parfois difficile à lire, mais à mon avis, amusant quand même. Cet envahissement du bruit écrit dans les oreilles des lecteurs donne l’impression que nous sommes dans la discothèque avec Marc Marronnier, Joss Dumoulin, et les autres. En même temps avec ce mélange des langues et envahissement du son, il existe un envahissement des références à la pop culture. Les listes des noms (les personnes réelles et fictives), les chansons, et les mots de l’argot donne une ‘voix vibrante’ au livre. Si on prend l’histoire à sa base, c’est un homme, Marc Marronnier, qui raconte une nuit passée dans une discothèque.
Aussi, le choix des noms dans ce livre me semble important. Prenez Joss Dumoulin. Le narrateur explique que d’origine, son nom de famille était ‘de Moulin’. J’ai remarqué que le son, ‘deux moulin’ nous présente une image miroir de ce que Joss fait en tant que DJ. Comme le vent fait tourner les ailles d’un moulin, Joss fait tourner ses disques. D’ailleurs, ses initiales JD sont l’inverse de sa profession de DJ.
This message has been edited by adurand on Apr 20, 2005 3:59 PM
Ce livre est vraiment intéressant; je suis d'accord avec l'idée du bruit partout dans le livre. Parfois je me suis sentie que j'étais moi-même une partie de la fête! Pourtant, quelquefois le livre était un peu difficile à suivre. Le roman est tellement plein d'activités, et d'une certaine manière ca m'a distraite.
Le style d'écriture de Beigbeder est fascinant...j'ai aimé son mélange des langues. Il me semble que c'est une refléxion du mélange des gens dans la discothèque - tout le monde est différent et unique, mais en même temps ils partagent un intérêt commun.
This message has been edited by adurand on Apr 21, 2005 9:55 AM
Je suis d'accord. Le style était un peu difficile à cause de la structure spontanée. Il manque une structure regulière et le vocabulaire m'a causé des difficultés. Ici, l'absurdité se trouve dans une autre forme, dans la vie sociale et les actions destructives de soi. Ce sont des personnages qui essaient de trouver le sens dans la vie et qui cherche à se trouver eux-mêmes. Au lieu d'être perdus dans les tâches meniales de l'entreprise, ces individus sont perdus dans les habitudes de la drogue, le sexe, et de l'alcool. En étudiant la distinction entre les lieux v. les non-lieux, on peut dire que pour les individus comme Joss, la boîte représente un lieu. Cette boîte est un lieu où Joss, par exemple, a une histoire, une sorte de permenance. La majorité le connaît et il semble que Joss connaît la majorité. Mais, pour une personne qui n'y allait qu'une fois, la boîte est simplement un endroit pour le loisir temporaire, un endroit sans importance, pris au hasard. Dans l'imprévisibilité du non-lieu, un individu peut facilement ressentir l'isolement, commun aux non-lieux.
This message has been edited by adurand on Apr 24, 2005 9:29 AM
Julie, bon commentaire sur le bruit des mots! Je trouvais le mélange de l'anglais, le français et l'italien une distraction (hors du style intéressant).
Question pour Beigbeder:
Est-ce que vous pouvez vous souvenir d'une expérience où vous avez vraiment eu des conversations comme celles aux pages 48-50? Je les trouvais tellement différentes de la culture ordinaire/norde-américaine; est-ce que c'était un espace commun d'avoir telles conversations?
Merci
This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:21 AM
Ces conversations furent notées scrupuleusement sur des carnets, des nappes de restaurants, des tickets de métro, tout ce que je trouvais sous la main... Certes, elles sont particulièrement délirantes, mais sous l'emprise de la drogue on entend parfois des dialogues absurdes... "Vacances dans le coma" est un roman hyperréaliste sur un endroit où les gens cherchent à perdre le contact avec le réel. C'est tout le paradoxe de ce projet. Merci pour votre lecture attentive.
Merci pour votre lecture qui m'a éclairé sur mon propre travail. Les initiales de Joss Dumoulin inversées font DJ : je ne me souviens plus si je l'ai fait exprès ou pas ! En tout cas vous avez observé que les platines ressemblent à deux moulins : car les disc-jockeys sont tous des Don Quichotte ! Bravo pour votre perspicacité.
Merci pour votre lecture. Vous m'avez bien compris : ce roman parle de la solitude que l'on ressent dans ces endroits pourtant surpeuplés que sont les discothèques. Le titre vient d'une phrase que j'ai entendue un soir très tard dans une fête. Un copain disait qu'il voulait partir en vacances. Je lui ai demandé : où ça ? Il m'a répondu : Dans le coma. J'ai trouvé cette réponse très poétique. Il m'a semblé qu'elle symbolisait bien la nuit. On cherche à fuir dans l'ivresse. Ce qu'on cherche à fuir, c'est soi-même, la réalité, ses angoisses... Ce n'est pas la solution. Mais c'est un sujet amusant de roman. Non ?
Ce roman est plein de “non-personnes.” En fait, la soirée “les Chiottes” semble accueillir et encourager la fausseté et la perte d’identité. Au commencement, quand le personnage principal, Marc, entre dans la boîte de nuit, et l’homme qui garde l’entrée dit “qui êtes-vous?,” Marc décide de dire seulement son nom, en pensant que “la vraie réponse à cette question prendrait des heures” (30). Partout dans le livre, Marc (le narrateur) fait des commentaires sur la fausseté des gens dans la boîte. Par exemple, on remarque comment les gens s’embrassent dans la façon “show-biz,” qui “leur permet de cacher une réelle émotion” (31). On fait plusieurs remarques aussi sur la fausseté dans les apparences des femmes (on les appelle de temps en temps “des mannequins”)- comme les faux cils, les faux seins, le maquillage qui cache la réalité, et les femmes qui donnent de faux âges. Nous voyons aussi comment les drogues comme l’excstasy, la coke, et l’alcool fonctionnent dans ce roman comme des façons de changer l’identité. Le narrateur explique que “la cocaïne n’étant jamais que du maquillage pour le cerveau” (53). En même temps, je dirais que notre personnage principal est un peu hypocrite parce qu’il fait plusieurs choses pour changer son identité aussi. Au commencement du roman, nous apprenons que Marc porte des lunettes pour faire plaisir à ses collègues au bureau. Dans la boîte, il boit de l’alcool jusqu’à ce que ça change son identité.
This message has been edited by adurand on Apr 21, 2005 9:58 AM
J'ai trouvé le style du Beigbeder très humouristique. Peut-être on peut dire que le style permet de moquer, ou d'interpréter qu'on se moque de la culture ou des types de personnes qui s'immergent dans cette culture "Chiotte".
Un petit exercice pour la classe pendant la lecture: Notez le moment le plus comique selon vous, et écrivez le sur le forum.
Stylistiquement, je trouve un moment à la page 59 très drôle. "Soudain lui vient une idée. Il glisse la main dans la poche de son costume et retrouve la gélule d'Euphoria que Joss lui a offerte en page 33." Qui écrit cela!?! On ne s'y attendait pas, et c'est rare d'avoir une interruption comme une référence à une page, d'une narration consistente.
This message has been edited by adurand on Apr 22, 2005 7:22 AM
Je suis d’accord avec l’idée qu’il y a beaucoup de non personnes dans ce roman ; Joss, et Marc lui-même. Mais qui est le narrateur qui voit les actions des personnages avec un ton pessimiste? C’est clair que le narrateur n’est pas Joss ou Marc parce qu’il utilise la troisième personne quand il fait allusion à Joss et Marc. Et si le narrateur était Joss, il n’aurait pas utilisé un ton négatif dans la plupart du roman. Je pense que le narrateur est peut-être l’auteur Beigbeder ou Dieu.
La phrase au début de ce roman : « C'est un drôle de métier, disc-jockey. Entre le prêtre et la prostituée. Il faut tout donner à des gens qui ne vous rendront rien p18 » est très philosophique. Je ne sais pas si on peut voir un disc-jockey avec respect ou avec pitié. Je pense que le message de ce roman est très déprimant, mais aussi une réalité pour quelques personnes.
This message has been edited by adurand on Apr 24, 2005 9:26 AM
La première chose que j’ai remarquée dans Vacances dans le Coma était l’invasion de l'anglais partout dans le roman. C’est vrai qu’il y a de l'anglais dans d'autres romans que nous avons lus ce semestre mais il n’y en a aucun avec une telle quantité comme Vacances dans le Coma. En plus, j’ai trouvé ce roman le plus réaliste (même si Stupeur et Tremblements est une histoire vraie!) et le plus grossier (si c'est le bon mot). C’est très différent des autres romans que nous avons lus. J’ai fini ce livre sans savoir ce que je pense et franchement, je ne sais pas encore. Au moins dire cela me fait réfléchir.
This message has been edited by adurand on Apr 24, 2005 6:32 PM
Questions à Frédéric Beigbeder Vacances dans le coma
April 24 2005, 11:30 PM
J’aimerais savoir pourquoi vous avez choisi ce titre. Vous dîtes dans l’avant-propos : ““Vacances dans le coma” est un mauvais titre : je ne l’ai choisi que parce que “Huis Clos” et “Voyage au bout de la nuit” étaient déjà pris.” Est-ce que pour Marc Marronnier, cette “nuit aux Chiottes” qu’il attendait depuis longtemps n’est-elle pas un peu comme des vacances, un répit qui lui permet d’oublier le temps d’une soirée cette “Angoisse Non Identifiée” qu’il ressent quelque part en lui – à condition qu’il soit dans le coma, c’est-à- dire sous l’effet de l’alcool , de la drogue, de la musique, du bruit et entouré de gens?
Joss Dumoulin semble être l’anti-thèse de Marc Marronnier, le rebelle, celui qui a osé suivre sa voie, défier les convenances de la société, celui qui a réussi, qui a acquis une certaine notoriété, qui s’éclate, qui aime la vie. A l’inverse Marc Marronnier ne semble pas partager cette même soif de vivre. Il ne cherche pas à jouer un rôle non plus: “Il était une fois lui et le reste du monde. C’est juste un type qui marche sur le boulevard Malesherbes. Désespérément banal, c’est-à-dire unique.” (p24) Derrière son image de gandin se cache un être complexe aux multiples facettes, sensible, qui a peur de la solitude et qui s’interroge sur le sens de la vie: “Or, comme tous les caméléons, (…) s’il y a une chose qu’il déteste, c’est bien la solitude. Voilà pourquoi il y a plusieurs Marcs Marronniers.” “Il ignore à quoi sert la vie, ce qu’est la mort et l’amour, si Dieu existe ou pas…” (p64) On dirait que ce monde superficiel de la boîte de nuit peuplée de mondains qui se donnent en spectacle l’envoûte, le soûle telle une drogue et sert en fait à calmer ses angoisses : “L’atmosphère enjouée et l’insouciance extrême de ces salonards endorment petit à petit la méfiance de Marc Marronnier. Ses désirs peuvent alors s’estomper et la mort l’inquiéter un peu moins.” (p66) Il reste parfaitement conscient de l’absurdité de la vie qu’il mène – une vie de privilégié - et en vient même à mépriser l’être qu’il est devenu mais sans être pour autant capable de changer quoi que ce soit à sa vie : “Marc est alors sans merci, il déteste ce grand con, il ne lui passe rien. Cependant il finit toujours par réintégrer son enveloppe corporelle, en maugréant.” (p78)
Lequel de ces deux personnages selon vous est le plus heureux, celui qui est insouciant ou celui qui raisonne? Y- a-t-il une part d’autobiographie dans chacun de ces personnages? Et est-ce que le bonheur sur terre ne se résoudrait pas au simple fait d’aimer comme le sous-entend Marc à la fin : “C’est l’amour qui sauvera le monde.” (p148) Il semblerait que “Sisyphe Marronnier” n’est alors pas voué à l’échec. Mais à la fin, Marc rêve toujours d’une soirée virtuelle c’est-à-dire d’une vie où on ne souffre pas, où l’on pourrait écrire son propre scénario. Au travers de cette nuit folle, Marc réalise qu’il accepte de vivre, “d’être normal” tant qu’il a Anne, l’Amour, à ses côtés. Le reste semble être futile.
Au premier abord, j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire qui me paraissait superficielle mais en relisant des passages pour écrire mon commentaire, j'ai trouvé que l'histoire racontée était à vrai dire empreinte de vérité et de douceur malgré le langage crû. Il y a des passages très poétiques qui ne peuvent laisser indifférent. Je crois que ce que j'ai le plus aimé c'est la façon dont l'histoire est racontée avec le dénouement à la fin à savoir que Marc rencontre cette fille: "ce genre de filles ne sert qu'à vivre, à vivre et à aimer de toutes ses forces." Il ne l'a pas reconnue: "Il tente de rationaliser ce qui est en train de lui arriver, alors qu'il est déjà trop tard: il y a une bonne heure qu'il est amoureux fou, pieds et poings liés, éperdu et perdu, comme dans ses poèmes." (p126)
This message has been edited by adurand on Apr 25, 2005 6:47 PM
Dans "Vacances dans le coma," j'aimais l'usage de la comédie. Une de mes choses favorites est la façon dans laquelle Marc Marronnier parle avec les autres à la table. J'aimais beaucoup le test des "trois pourquois." Ma question est, avez-vous vraiment essayé ce truc de "trois pourquois"? Je veux savoir si ça marche en réalité, parce que dans le roman, il n'échoue jamais (sauf avec Anne). J'aimerais bien l'essayer, mais je ne veux pas que les autres me trouvent énervante.
This message has been edited by adurand on Apr 27, 2005 2:35 PM
J'ai essayé le théorème des trois pourquois. La plupart du temps, il fonctionne. Mais les gens ont parfois du mal à répondre à trois pourquois de suite, car c'est une question très embarrassante, et énervante. Donc ils fuient, ils trichent, ils s'en vont ! Pour éviter de réfléchir à cette vraie question : pourquoi ? Why ? C'est la question métaphysique fondamentale. Demander pourquoi trop souvent est très douloureux et dangereux, vous avez raison. Cela revient à s'interroger sur le sens de la vie, sur l'existence de Dieu, sur la raison d'être de l'univers, etc. C'est très pénible. On préfère savoir qui couche avec Britney ! Merci pour votre attentive lecture.
Un soir, j'entends un ami me dire qu'il veut partir en vacances. Je lui demande : où ça ? Il me répond : dans le coma ! J'ai immédiatement noté cette expression : "vacances dans le coma", car je cherchais un titre pour mon roman sur la nuit. Il m'a paru évident que cette image résumait exactement cet univers. Chaque fois qu'on sort dans un club, on part en vacances dans le coma, c'est-à-dire qu'on cherche à fuir la réalité, à se distraire, à voyager, à sortir de notre cadre devie habituel, mais en même temps cette ivresse, cette destruction, ne sont pas des solutions à nos difficultés. Ce sont des échappatoires à court terme, inefficaces. Marc est un homme perdu qui cherche l'amour. Le coma va l'aider à le retrouver... En tout cas merci pour votre aimable lecture.
Ce roman n’était pas pour moi. Je n’ai pas aimé le personnage de Joss, mais en même temps, je n’ai pas aimé Marc. Je pense que le thème du roman était: <<La jalousie gouverne le monde.>> On sent qu’on est vraiment à la fête avec toutes les phrases en majuscules. Aussi, le roman a vraiment démontré tout le chaos qu’on peut trouver dans une boîte de nuit. A la page dix-neuf le narrateur a dit: <<Joss est le contraire de Marc.>> Je crois que les deux sont plus ou moins les mêmes et que c'est seulement la chance qui les a rendu différents. C'est la technologie qui a changé la vie de Joss, pas un trait de Joss lui-même. Aussi Joss et Marc ont la même attitude envers les femmes.
Je crois que le roman se concentre sur l’idée de la fausse identité. Les gens dans la boîte de nuit ont essayé de montrer leur importance en <<name-droppant>> des prénoms de célébrités. C’est un exemple de l’existance d’une fausse identité des célébrités que tous les gens croient est vraie et qu’ils essayent d'utiliser pour établir leurs fausses identités. Ce roman est un bon exemple de ce qu’on fera aujourd’hui pour être populaire, sans vraiment connaître personne.
This message has been edited by adurand on Apr 25, 2005 6:44 PM
Ce livre est comme les autres romans qu'on a lus parce que l'histoire décrit quelque chose de réaliste: une soirée dans une boite de nuit. Mais, il y a beaucoup de choses qui séparent "Vacances dans le coma" de tous les autres livres. Frédéric Beigbeder a un style unique, et ça joue un grand rôle en lisant le roman.
La première chose que j'ai notée est que l'histoire est divisée en treize chapitres, une pour chaque heure de la soirée. Alors, il y a un chapitre entier pour décrire seulement une heure. J'aime cette technique, parce qu'elle crée une vraie structure pour raconter l'histoire, et avec cette organisation, le roman est plus facile à lire. On sait toujours quand les évenéments se passent, et ce qui s'est déja passé. Beigbeder ne joue pas avec le temps. Il a utilisé cette même technique avec son autre livre que j'ai lu, "Windows on the World". Et c'était utile là aussi.
Un autre aspect du style de Beigbeder, utilisé dans "Windows on the World" aussi, est l'envahissement de l'anglais dans le roman; c'est à dire l'usage du "franglais". Pour moi, et je crois pour la plupart de la classe, c'est énervant de lire le franglais. Quand je lis en français, je ne pense qu'en français. Quand je lis en anglais, tout est en anglais pour moi. Mais ici, Beigbeder présente un grand problème. Avec deux langues qui apparaissent dans la même phrase, ma tête est déchirée en deux parties et il faut passer plus de temps à déchiffrer la phrase. Heureusement, la plupart du livre est écrit en français. Est-ce qu'on a une idée pour expliquer la raison pour l'usage du franglais? Moi, je crois que c'est pour nous donner un vrai sens du personnage qui parle.
This message has been edited by adurand on Apr 25, 2005 6:49 PM
Peut être que nous sommes dans le coma lorsqu'on est dans un club?!
April 25 2005, 9:20 PM
Le roman n’est pas mal du tout, dommage que certains ne l’ont pas aimé. Ce qui m’intéresse le plus dans ce roman, c’est le personnage de Marc Marronnier car je le compare avec Raphaël Tisserand (Extension du domaine de la lutte) et ces deux personnages sont reliés à mon sujet de travail d’investigation. Si on les compare ils ont quelques ressemblances, mais on constate que Marc est plus confiant que Raphaël, je dirais qu’il a plus de confiance en lui. Faudra pas aussi oublier Joss qui serait un bon exemple de ce cas.
Mais si on doit parler du roman lui-même, il est certain que l’auteur a réussi à démontrer ce « bruit » que l'on cherche souvent dans un roman. Je crois que le bruit est plus facile à entendre à travers ces pages que dans Autoroute. Cette ambiance, cette décoration d’une boite est facile à imaginer à partir de ce roman. Je crois que cette notion de « non personnes » dont vous parlez existe dans ce roman. Après dans une boite de nuit les caractères changent, tels qu’on voit des gens très timides d’habitude, mais qui se relâchent et changent de personnalité lorsqu’ils sont en boîte. Je pense que le même exemple s’applique pour certains sportifs, footballeurs ou basketteurs. Certains sont très timides et parlent à peine, mais se lâchent lorsqu’ils sont sur le terrain. Je dirais que les facteurs comme l’obscurité du lieu, l’alcool et la musique tous combinée, forment ce changement d’identification. Donc pour moi quand l’auteur dit « Vacances dans le coma » je pense à cette mort d’identité originale que l’ont met à part pour montrer une autre personne à l'intérieur de nous-mêmes.
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 12:30 PM
En réponse à la question au sujet de l'usage du franglais
April 29 2005, 12:36 PM
Je suis d'accord avec les mots de Julie Jette au sujet de l’envahissement du texte anglais. Moi aussi, j’avais l’expérience que le mélange des mots en anglais et français a rendu le livre parfois difficile à suivre, j’étais perdue dans les changements de langue, mais contrairement à l’expérience d’Ilana, je n’étais pas énervée, plutôt c’était comme ça. Alors pour moi je peux lire les deux langues ensemble normalement sans problèmes, mais dans ce texte j’étais perdue pas par la langage mais plutôt par le bruit du club, DJ en plus.
Peut-être que c’est la thèse de l’auteur, que les lecteurs sont eux-mêmes perdus dans le club, ce non-lieu, « dans un coma » et enfin n’avaient aucune idée de ce qui s'est passé, le fil temporel et les événements. Mais, comme j’ai dit en classe, le détail personnel de Beigbeder que je trouve donne une autre explication de son style est qu’il a travaillé comme publiciste, en tant que concepteur-rédacteur. Etant donné que l’anglais est assez cool pour les lecteurs jeunes, peut-être qu'il a voulu établir une connexion avec eux. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui a d'autres idées sur comment Beigbeder a utilisé dans le roman l’envahissement des mots anglais ?
Question pour Beigbeder : Est-ce que vous croyez qu’il y a des endroits qu’on peut nommer comme « non-lieu » ?
This message has been edited by adurand on Apr 30, 2005 7:39 PM
Comme Ginny a écrit, moi non plus je n'ai pas apprécié ce roman. Ce mode de vie ne m'intéresse pas du tout! Les personnages, sutout de Joss et Marc, n'étaient pas aimables. Je les ai trouvés sexistes et offensants. Le but de Marc pour la nuit, c'était de s'échapper de sa vie "normale" mariée pour boire trop, parler aux personnes égoistes, et faire l'amour avec une femme dont le nom et la personnalité n'ont aucune importance. Il insulte tout le monde, bien sur son ex-amie. Est-il si malheureux qu'il ne peut pas se conduire d'une manière polie?
Je pense que M. Beigbeder voulait montrer la vie sociale de la jet-set. Il l'a bien décrite, mais je ne voudrais pas rencontrer ses personnages dans la vie réelle. Il me semble que leur existence est pitoyable; toujours en train d'utiliser des drogues échapper à leurs problèmes, à parler aux mêmes personnes idiotes (comme Fab par exemple) dans des boîtes de nuit qui ressemblent à un cirque. Même Marc dit qu'il n'aime pas ces personnes qui aiment le "name-dropping" et faire semblant d'être très importants aux autres. En effet, c'était confondant parce que Marc savait qu'elles étaient les invitées. Pourquoi était-il si excité de passer la nuit avec elles encore une fois?
A la fin, Marc trouve sa femme. Au commencement, il ne la connaît pas mais il la trouve fantastique - l'amour de sa vie. Mais c'est sa femme! Est-ce qu'il s'est rendu compte qu'il a déja trouvé ce qu'il cherchait?
Ma question pour M. Beigbeder, c'est pourquoi est-ce que vous avez ajouté la scène violente où Joss a attaqué les trois femmes? Qu'est-ce que ça signifie?
This message has been edited by adurand on Apr 26, 2005 8:26 PM
Je suis désolé si cette scène finale vous a choqué... En fait je l'ai écrite comme une sorte d'apothéose dans la dérive nocturne de Joss. Je voulais que cette nuit ne se termine pas de manière idyllique et confortable pour tout le monde. Ce personnage est très sombre, très solitaire et désespéré, je voulais qu'on le sente basculer dans une forme de violence physique carrément psychopathe. Je ne sais pas si l'on y croit, c'est peut-être un rêve ou un fantasme de Marc. Mais il est important de marquer le caractère sexuel de la nuit. Les gens sortent souvent pour chercher la jouissance, et ne trouvent que la frustration. Bon, je suis navré si cela ne vous plaît pas, mais les romans servent parfois à choquer le lecteur. C'est déjà pas mal si vous réagissez... Amicalement, FB
Le rôle du DJ est très intéressant. Aux Etats- Unis, il n’y a pas de DJs qui sont très connus. Je ne connais pas le nom d’un DJ. Quand je pense à un DJ, je pense à des fêtes comme les mariages. Aussi, il y a les DJs dans les clubs mais la musique est plus importante que le talent des DJs. Les DJs des clubs ici, ne créent pas de nouvelle musique comme Joss Dumoulin. Peut-être que les DJs d'un club techno sont plus comme Joss. Mais, je ne sais pas.
Est-ce que tous les DJs en France (qui sont de bons DJs) sont des célébrités, comme Joss Dumoulin ?
Au contraire des Etats- Unis, Joss Dumoulin est vraiment une très grande célébrité. Sa soirée avait beaucoup de gens et les célébrités. Le rôle du DJ (en France) est comme un musicien ou acteur aux Etats- Unis. Mais le DJ ne joue pas seulement de la musique, il fait vraiment de la musique. Joss utilise les chansons, et il mélange toutes les chansons. Le résultat était une nouvelle chanson. Je voudrais écouter la musique comme ça. Et les talents de Joss n’étaient pas seulement en France. Avant que Joss ne soit une célébrité en France, il était une célébrité au Japon. Au début du roman, Marc a dit qu’il pense que Joss Dumoulin est définitivement exilé au Japon. C’est vrai que Joss était très important au Japon, aussi. « Il est devenu la mascotte des nuits nippones » (p.18).
This message has been edited by adurand on Apr 27, 2005 2:34 PM
Vacances dans le Coma de Frédéric Beigbeder est un livre très intéressant. Je suis d’accord avec les autres messages à propos du bruit partout dans ce roman. Le style d’écriture et le chaos du livre nous donnent l’idée d’être dans la boîte de nuit. Aussi, je suis d’accord avec l’envahissement de l'anglais dans ce texte. Je crois que cet envahissement ajoute au bruit du texte et du chaos en général. Cette soirée aux chiottes est un grand mélange de gens : les gens connus pour les raisons différentes, les amis de Joss, les étrangers. Cet usage de franglais impose l’idée du mélange sur nous. Ce livre est un très bon exemple de non-lieux. Evidemment, le roman se passe dans une boîte de nuit qui s’appelle « Les Chiottes ». Deux excellents exemples des non-lieux. Dans les chiottes il y a une idée d'uniformisation, tout le monde se ressemble et tout le monde se connaît mais au niveau de la surface, il n’y a pas de vraies relations. Tout le monde se drogue pour être accepté et fait du « name dropping » pour se sentir plus important, mais en fait, ils sont superficiels
J’ai bien aimé le message de Julia qui parlait de l’importance du DJ. Comme disait Beigbeder à la page 18 « Dans une société hédoniste aussi superficielle que la nôtre, les citoyens du monde entier ne s’intéressent qu’à une chose : la fête. (Le sexe et le fric étant implicitement inclus là-dedans : le fric permet la fête qui permet le sexe.) Or les disc-jockeys la contrôlent totalement. » Mais je crois que Joss prend son rôle de DJ plus sérieusement. Il ne fait pas seulement une musique mais il met les images sur les écrans. Pour Joss, son métier de DJ est une chance pour lui de s'exprimer. A la page 97, par exemple, Joss parle des choses politiques en mettant les images de la faim en Somalie en mettant la chanson « Trouble. »
This message has been edited by adurand on Apr 30, 2005 7:35 PM
Ce roman n'est pas un de mes livres préférés. Mais, en tout cas, il m'a diverti.
Quelque chose que j'ai trouvé très intéressant en lisant le livre était toutes les citations au début de chaque chapitre. Elles sont très variées. Je voudrais poser la question à Beigbeder - Comment est-ce que vous avez trouvé et choisi toutes ces citations? Est-ce que vous les avez utilisées uniquement pour ce roman?
This message has been edited by adurand on May 4, 2005 2:42 PM
J’aime énormément le style de M. Beigbeder. C’est vrai que ce roman avance très vite. Je l’ai trouvé très intéressant et je l’ai lu presque tout d’un coup. J’aime aussi le franglais. Ça m’a fait beaucoup rigoler. Je n’ai pas trouvé que c’était difficile à lire. Comme certains de mes camarades de classe, je n’aime pas beaucoup les personnages dans ce roman ni le milieu où ils se trouvent. Mais le fait que Marc soit dans ce monde superficiel pour 24 heures lui donne l’occasion de faire une critique puissante de notre société.
This message has been edited by adurand on May 5, 2005 6:37 PM
Ce roman me rappelle le temps que j'ai passé à Paris en 2004 parce que souvent on est allé dans une boite de nuit différente comme Les Bains-Douches, L’Étoile, Le Cabaret, Le Man Ray, et VIP. Chaque nuit avait une ambiance différente. Les personnes qui vont souvent dans les boites de nuit font une culture unique et exclusive. La culture est focalisée sur la beauté, les vêtements branchés, les cocktails tendance, et les endroits exclusifs. Dans ces boites chaque personne veut sembler parfaite, mais souvent dans les boites tout le monde est jaloux de quelqu’un d’autre. C’est un concours pour être le plus cool, le/la plus beau/lle, la plus riche, ou le/la plus sexy. C’est intéressant que ces gens semblent tout avoir mais en même ils leur manquent beaucoup de choses. Ces sentiments sont apparents dans Vancances dans le Coma parce que Marc me semble manquer de quelque chose. Souvent dans les boites de nuit, on ne peut pas faire connaissance et commencer une amitié significative parce que l’amitié est basée sur les superficialités.
Monsieur Beigbeder, quelle est votre discothèque préférée à Paris et pourquoi ? Qui est votre DJ préféré ?
Nous avons discuté en classe comment il semble que dans la plupart des livres que nous avons lus ce semestre, le personnage principal est à la recherche de quelque chose dans la vie. Dans le livre de Frédéric Beigbeder, nous découvrons que Marc Maronnier cherche son identité. Cependant, je ne pense pas qu’il est plus proche de trouver son identité à la fin. Bien qu’il trouve une femme qui semble sympathique et réelle, et pas comme les autres femmes dans la boîte qui essaient de se cacher derrière le maquillage et les drogues, la manière dans laquelle Marc a trouvé cette femme n’était pas bonne. Je pense que bien qu’il ait trouvé quelqu’un d’autre qui semble bien, il n’a trouvé aucune solution pour sa crise d’identité.
C’est clair pour moi que notre personnage principal est différent de la plupart des gens dans la boîte. Souvent, il fait des remarques qui montrent qu’il peut distinguer entre plusieurs ce que sont des bonnes valeurs et celles qui sont des mauvaises. En même temps, il montre quelques indications d’être un peu psychopathe il donne une femme de l’extase sans qu’elle le sache.
Ma question est pourquoi est-ce qu’il a choisi d’écrire l’article sur la boîte de cette manière? En particulier la partie où il dit “le top-model Clio arborait une robe sexy d’un chic inimitable (le sémillant producteur Robert de Dax n’avait d’ailleurs d’yeux que pour elle-même s’il chaperonnait Solange Justerini, sa nouvelle protégée!)” (143). C’est un mensonge, n’est-ce pas?
This message has been edited by adurand on May 11, 2005 8:07 PM