Morceau D'accident*******Pénombres

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Morceau d’accident
L’homme est une poussière d’espace
qui voyage dans la barque du temps
sur lequel il laisse parfois ses traces
s’il accomplit des œuvres de titan.
2
Oui ! Il accomplit des œuvres grandioses
Oui ! il réalise tant de belles choses.
Mais tout doit sombrer dans la ruine
car vers la mort tout s’achemine.
3
Dans le mouvement cyclique du temps
l’œuvre humaine se fait sédiment
dont le contenu reste dans la mémoire
qui consacre à l’humanité une page d’histoire.
4
L’homme est un morceau d’accident
qui périt toujours dans le temps,
mais entrevoit la lumière de l’éternité
à travers l’histoire qu’il a lui-même tracée.
5
La vie humaine est un point de l’éternité
qui rappelle le bref voyage de la destinée.
On y vient par le chemin du berceau
on y sort par le chemin du tombeau.
6
Le poète quel que fou qu’il soit
ne se soumet point à cette loi
il boit une bouteille de Sagace
il renverse tout, le temps et l’espace.
7
Il chambarde, renverse tout à sa guise
car l’éternité obéit à ses vœux et caprices,
le poète ne connaît point de convention,
car il est un homme de révolution.
8
Le poète ne connaît pour soumission
que le cours de son imagination
L’homme fait de sales boulots pour être héros
mais le poète ne mise que sur le choix de ses mots.
9
Au poète, toute l’humanité
au poète appartient l’éternité
Il n’est pas un être de convention
il est un être de révolution.
25 mars 2005



PÉNOMBRE I

POÈTE
Ô Zémuse la nature est-elle un organe
que la main joue à la guise du crane?
Sinon est-elle hélas! un total chaos
dont l'assaut échappe à notre cerveau?

Zémuse
Certes, l'univers dans ses cachets
recense d'hérétiques secrets
ne nous livrant que le mystère
qui nous charrie vers le chimère

Poète
Certes, ton esprit a la sonde des secrets
dont l'univers recense dans ses cachets
Toi qui connais la matrice de la création
répond donc à notre impérative question.

Zémuse
Poète, la nature n'est ni organe ni chaos
toute image à la mettre en mot fait défaut.
Ouvre grand ton cerveau jusqu'à tes sens
pour en déchiffrer toi-même le vrai sens.

Poète
Ce mois qui arrive au visage du plus pire
O Zémuse comment ne faut-il pas y lire
à l'ombre ou la lumière de mon cerveau
le nom aseu ul mot, l'unique mot, le chaos.

Zémuse
Poète suffit-il à un seul mois de malheur
pour que nature porte ce nom à toute heure?
Et les autres beaux jours où roule le métro
pour te conduire au dessein de ton boulot?
Lorsque le métro parc de monde est rempli
N'est-ce pas là preuve que bien bouge la vie

Poète
Mais au jour qu'elle nous verse malheur
dont les flots nous renversent avec fureur
les lois de la nature n'obéissent
qu'au gré de leurs propres caprices

Zémuse
Avec ces mots faisant d'elle un hors-la-loi
tirés de ton livre ou dictionnaire de l'extra
Avec ton front où se pendent mille déplaisirs
dis moi au juste à quoi veux tu en venir.

Poète
L'homme malgré sa science
ne maîtrise point sa violence.
Comme à la chute de la pomme
se brise le principe de l'homme.
Seul au tumulte de trois nuits
la loi de Descartes nous fuit
et trahit notre foi toute ébahie.
Ce mois de janvier dans sa secousse
nous enfonce au fond de sa trousse
en nous fournissant la triste preuve
de l'humaine science mise à l'épreuve.
À ces trois nuits sur Montréal
la nature ne fut point loyale.

Zémuse
Poète, peux-tu me tirer la photo
de ce jour de malheur au pire fléau,
au moins mon cérébral pupitre
saisira l'image d'un tel sinistre?

Poète
Nous assistons à des pénombres
dont le sinistre est sans nombre
où tout se ferme dans ce tragique bal
qui se joue dans la ville de Montréal.
La nature gronde comme un taureau
sous la fureur des démons qui lui habitent
et nous gémissons comme un roseau
qui se plie à l'ouragan qui l'agite.
Ce sinistre à l'oeil de catastrophe
s'écrit en des milliers de strophes
que notre mémoire n'a pas assez d'espace
pour en circonscrire toute la surface.
Sur tout le front de cette splendide île
bêlent la grêle, grésillent les grésils
se glace le verglas au froid de la tempête
qui s'entête en clapotis de fête champêtre
Chute d'arbre, explosion de générateurs
triste histoire d'une nature en fureur,
furie de monstres que rien ne freine
muant Montréal en asphalte de neige.
Même des pylônes d'hydro-Québec
se brisent en tombée des dieux sur la tête
à l'écho du cassement des bois trop secs
sous le fardeau du verglas en surplus de poids
Trois jours de verglas, trois jours de sacrilèges
qui nous saisissent au prisme de leur piège.
Tout nous laisse croire devant l'univers si grand
que nous ne sommes qu'un infime fragment
qui, malgré tout notre grand génie
restons fragiles à la nature qui nous plie.

Zémuse
Pourtant ces trois jours au front maudit
qui devant nous sans pitié se déplient
étaient occasion d'une sociable bâtisse
au toit en liens humains qui se tissent.
Le sinistre à l'aile d'une tempête soudaine
arrive en vague d'une marée humaine
dont la chaleur dans les centres d'hébergement
apportent aux coeurs de réjouissants moments








Affiché le Nov 14, 2005, 10:34 PM
de l'adresse IP 207.236.64.162


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