Lorsque vous avez eu la gentillesse d'accepter de participer à notre forum, vous avez commenté le terme de "non-lieu", sujet principal de notre séminaire:
"Le terme 'non-lieux' (j'ai lu Marc Augé) m'avait paru
étrange, car ce qui est ainsi nommé, pour moi, est un vrai lieu...J'appelle lieu, là où il y a des gens..." (mesage email d'Annie Ernaux, 21 décembre 2000).
Donc, les supermarchés de "Journal du dehors" pourraient être considérés comme des lieux puisqu'ils sont occupés mais d'un autre côté, pour les clients, le supermarché est un parfait exemple du non-lieu selon Augé, soit un espace de transition sans véritable attache/signification identitaire ou historique. Pouvez-vous commenter un peu plus sur ce thème?
Il me semble que refuser au supermarché, par exemple, les notions d'identité et d'historicité est assez subjectif. Je me demande si Marc Augé fréquente réellement ce lieu plusieurs fois par semaine,s'il a des souvenirs d'y être venu avec ses enfants, bref si le supermarché ou l'hyper marché a fait partie de sa vie. Car c'est de cela qu'il s'agit, l'identité est faite de mémoire, de sensations attachées à un lieu. Et je crois être assez bien placée, habitant une ville nouvelle depuis vingt-six ans, pour éprouver ceci : ce lieu où il n'y avait aucune histoire au départ en possède une maintenant et les premiers habitants se souviennent des transformations multiples de l'urbanisme, des commerces.